Tous en Seyne

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La lecture publique se conjugue au pluriel à la Seyne-sur-mer, et sur trois temps : hier, aujourd’hui et demain. Voyons ce qu’aujourd’hui propose.

Tout d’abord, le service interne. Non accessible au public, il fait office de moelle épinière et assure les différentes opérations préalables à la mise en circulation des documents. C’est ici que les ouvrages arrivent, qu’ils sont équipés, répartis dans les différentes sections, saisis, protégés (d’un système de puce intelligente RIFD), étiquetés… stockés.

Pour sillonner les quartiers nord de la ville, un bibliobus. Salon de lecture intégré dans la semi-remorque, un prototype (créé en 1988) et des usagers choyés par le même agent territorial depuis l’origine : proximité, vécu, reconnaissance mutuelle, goûts et couleurs.

Une bibliothèque de centre ville, 160 m2, 37 ans d’existence, de moins en moins adaptée à l’essor démographique et à un besoin de rationalisation fiable du prêt. Momentanément fermé pour travaux et informatisation, le lieu se classe depuis peu à la fois dans les catégories « hier » et « demain », lequel demain étant prévu en juin 2006.

Enfin, le Clos Saint-Louis. Inaugurée en novembre 2005, cette bibliothèque succède à celle hébergée dans la Villa Tamaris (désormais vouée au statut exclusif de centre d’art) et gagne dans l’opération 550 m2 supplémentaires, pour en totaliser 900. Six mois auront été nécessaires au déménagement et à l’informatisation des quelque 22 300 ouvrages qui constituent le premier fonds de ce nouveau lieu. Près de 80 000 autres attendent leur tour pour rejoindre les rayonnages flambant neufs. Le prêt s’est également ouvert à un domaine de 800 DVD et CD-Rom, fraîchement acquis.
Dix semaines après l’ouverture, le Clos Saint-Louis avait déjà enregistré 23 000 prêts de documents et 2 855 inscriptions. Preuve en est d’un besoin bien réel.
Ancienne résidence d’été des Évêques de Toulon, la bâtisse, devenue privée au fil l’histoire puis propriété de la municipalité, attendait sa réhabilitation. La voici restaurée, aménagée avec goût, flanquée d’une aile supplémentaire (laquelle abrite la section adulte), moderne et qui pour autant respecte parfaitement l’harmonie d’ensemble. Une autre aile, d’époque celle-ci, accueille l’heure du conte, conférences, rencontres et animations diverses.

Pour créer du lien humain, culturel, livresque, un pôle animation met en œuvre des échanges avec les scolaires et différentes associations. Plusieurs manifestations, récurrentes ou occasionnelles, sont ainsi organisées tout au long de l’année, en solo ou en lien avec des opérations menées à l’échelle nationale : « Les racontines » en collaboration avec les services municipaux et les crèches, le « Printemps de la littérature jeunesse », thématique, avec concours d’affiche et ateliers d’écriture, le « Mois du livre d’artiste », « Lire en fête » ou « La nuit de la poésie »…

Bien sûr, tout n’est pas rose. L’équipe se heurte à des difficultés de fonctionnement qui ralentissent l’avancée des ambitions de la ville : déficit de moyens en bureautique, personnel en sous-effectif…

Ne doutons pas que La Seyne, 61 000 âmes, deuxième ville du Var, saura rebondir. Aujourd’hui est très clairement un présent transitoire. Bien belle transition en tout cas que ce Clos Saint-Louis, bien belle amorce d’une lecture publique largement déployée.