Hussardes noires : des enseignantes à l'avant-garde des luttes : de l'affaire Dreyfus à la Grande Guerre

couverture du livre Hussardes noires : des enseignantes à l'avant-garde des luttes : de l'affaire Dreyfus à la Grande Guerre
Auteur : Mélanie Fabre
Éditeur : Agone éditeur
Collection : Mémoires sociales
Date de parution :
ISBN : 978-2-7489-0549-6
EAN : 9782748905496
Disponible

Résumé

« Pour Pauline Kergomard, la crise de l'affaire Dreyfus doit amener le régime à revoir sa politique : la neutralité de l'enseignement public est une abdication face à l'enseignement catholique, accusé de nourrir un fort sentiment antirépublicain. "Deux adversaires sont en présence dont l'un est armé et l'autre, sans armes ; dont l'un parle et l'autre reste muet. Il n'est que temps de réagir. De la neutralité, nous mourons."

Pour Marie Baertschi, l'éthique du fonctionnaire ne peut consister à se taire : "C'est nous qui enseignons qu'il y a des domaines où l'esprit d'examen, la raison, la conscience, n'ont pas à intervenir. Ce qui manque en somme à nos écoles, c'est l'habitude de penser par soi-même, de croire par soi-même, de vouloir par soi-même, sur toutes les questions, partout et toujours. " »

Dans les dernières décennies du XIXe siècle, quelques femmes n'entendent pas se contenter d'un rôle de subalterne. Elles saisissent de nouvelles opportunités, notamment dans l'institution scolaire, vue comme un levier majeur de transformation sociale pouvant faire barrage à tous les obscurantismes. Dans les salles de classe, les universités populaires, les revues, sur les estrades des réunions publiques, elles font entendre leur voix. Marie Baertschi, Jeanne Desparmet-Ruello, Alberti ne Eidenschenk ou encore Pauline Kergomard défendent l'idéal d'une école démocratique et émancipatrice, nourrissent les combats féministes et s'engagent dans les mouvements pacifistes. Ces pionnières oubliées inventent la figure de l'intellectuelle.