3 questions à Yannick Grannec
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Un auteur, trois questions : l’Agence vous propose de découvrir régulièrement des écrivains, illustrateurs, traducteurs… qui vivent et travaillent en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Nous avons demandé à Yannick Grannec, de se prêter au jeu.
J’ai lu que depuis le début de la pandémie, les maisons d’édition n’ont jamais reçu autant de manuscrits. J’avoue que pour ma part, je n’ai jamais aussi peu écrit que cette année. Le premier confinement m’a laissée en état de stupéfaction, comme un lapin pris dans les phares, incapable d’écrire une ligne et même incapable d’en lire deux. Puis, contaminée par le Covid, j’ai passé ces derniers mois à remonter la pente à genoux.
Bref, j’ai entamé des recherches documentaires pour mon quatrième roman début 2020, j’y suis encore et je cherche l’énergie nécessaire pour en entamer l’écriture. J’ai pourtant suffisamment d’éléments pour démarrer. Il s’agit d’un roman d’anticipation, ce qui pour moi est une première. Il semblerait que ces derniers temps, la Réalité soit plus efficace et plus imaginative en la matière.
À l’adolescence, je suis tombé en amour pour Martin Eden de Jack London. Je ne me souviens plus qui me l’a conseillé, peut-être le hasard, puisque ma mère, grande lectrice, achetait des tonnes de livres d’occasion. Il devait sentir le grenier, mais ses pages jaunes ont déterminé mon envie d’écrire.
Martin Eden relate la vie d’un marin, qui se voit rustre et ignorant, mais qui, par amour pour une jeune fille bourgeoise, va lire, se cultiver, puis écrire et devenir un auteur reconnu. Il finira “désillusionné” et suicidé… mais ce n’est pas ce qu’a retenu la jeune fille d’un milieu modeste et peu cultivé que j’étais.
Ce roman m’a aidée à comprendre la puissance émancipatrice de la lecture et de la culture en général.
Sans hésiter, une héroïne :Fantômette, même si cela remonte à la préhistoire. Une rare figure féminine aventureuse et intelligente dans la littérature jeunesse de ma jeunesse. Heureusement, la donne a énormément changé et les jeunes filles d’aujourd’hui ont l’embarras du choix.
Par ailleurs, je m’identifie à tous les personnages de mes romans, quelquefois à leur genre ou leur âge. J’enfile leur peau pour mieux les incarner. Il y a donc déjà beaucoup trop de monde dans ma tête…