Cécile Mainardi

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…est une voix, de vie et de fantaisie, qui n’a pas choisi la facilité tenter de vivre de sa poésie.

Derrière sa légèreté apparente, on découvre une personne habitée par la poésie et surtout le désir de la partager.
Après une enfance en banlieue parisienne, elle se raproche de ses origines méditerranéennes pour ses études de lettres. Cécile Mainardi vit à Nice.

Enfant créative et imaginative, c’est la poésie qui s’est imposée un peu par magie (peut-être), un peu par héritage. Sa mère, qui avait déjà le goût de l’art et de la poésie taquinait la muse classique. Elle en garde un enchantement sonore. Des voix, des harmonies.
Pendant ses études de lettres et grâce à un passeur, critique d’art, elle découvre ses pères : Francis Ponge, Michel Deguy, Dominique Fourcade.
À 24 ans elle réussit, la même année, le CAPES et l’Agrégation.
Pendant sept années, elle mène une carrière d’enseignante dans le secondaire tout en menageant un temps pour l’écriture. Sa première publication (Grièvement) date de cette période.
Elle obtient en 1998 une année de résidence à Rome à la Villa Médicis. Elle y habitera finalement 6 ans, enseignant le français en tant que lectrice-linguistique au Centre
culturel français puis à l’université. À Rome, elle s’amuse, se laisse vivre. “Rome est dispersive, suspendue”, dit-elle. L’expérience romaine n’aura pas été prolifique pour son écriture.
“Tractée” par ses amis et par une bourse de découverte du CnL, puis une bourse d’encouragement, elle rentre à Nice en 2004.
En 2005, en résidence à la Villa Arson à Nice, elle pratique les ateliers d’écriture.

Aujourd’hui elle écrit, participe au Printemps des poètes, intervient au FRAC de Lorraine, se joint à un atelier de traduction pour le cipM à Alexandrie, fait des lectures publiques à La Station à Nice (collectif d’artistes liés à la Villa Arson), s’engage dans de nombreuses revues de poésie, entreprend un atelier de création radiophonique pour France Culture et s’est lancée dans l’écriture de quatre ouvrages d’écriture expérimental …
Autant de projets qui lui permettent de vivre, de rester autonome. Elle fonctionne à l’enthousiasme, à l’envie.
Les lectures publiques sont un laboratoire d’expérimentation de ses textes, elle y trouve une qualité d’énonciation à chaque fois renouvelée.
Exigeante, sans élitisme, elle considère la poésie comme un art majeur et tient à ce qu’elle produise un charme immediat perceptible par tous.

Cécile Mainardi a une écriture sensuelle. Son avant dernier ouvrage, La Blondeur, réunit neuf courtes séquences qui parlent de la blondeur d’un être aimé, parti. La blondeur, n’est pas ici une couleur mais la matérialisation de l’absence, du vide, un halo qui s’incarne en toute chose et sensation. De cette vacuité laissée par l’être aimé naît une hyper-présence.
Elle s’amuse avec la langue, la déplie et la déploie, noue avec l’expérience sensible, l’interprète à la manière du musicien.

Ne ratez pas cette immobilité provisoire qui va l’encrer à Marseille (en résidence au cipM pour trois mois) d’avril à juillet. Elle aura l’occasion d’y faire plusieurs lectures en divers lieux.