Cousu Main
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“Provoquer la rencontre entre le monde de l’art et l’écriture !” C’est ainsi que Caroline Gérard qualifie la ligne éditoriale des éditions Cousu Main. Bibliophile avertie, touche-à- tout, anciennement salariée de Milan dans le secteur presse jeunesse, libraire d’ancien et d’occasion, et aujourd’hui enseignante dans une école d’infirmière, elle fonde la structure éditoriale en 2005 avec l’idée de construire un dialogue entre textes poétiques et créations d’artistes. Plutôt que de s’inscrire dans la veine du livre d’artiste, elle préfère celle du livre objet, du livre d’artisan.
Le projet se concrétise lorsque les écrits de Sylvie Durbec, en résidence dans les Flandres, entrent en résonance avec le travail de la plasticienne Brigitte Conessa, elle aussi en résidence mais sur le plateau de Millevaches. Quelques mois plus tard, le premier livre de la maison d’édition paraît sous le titre Les nuits de Vollezele. L’éditrice s’attache alors à entretenir ce dialogue pour l’ensemble des publications. Elle reçoit de nombreux manuscrits par voie postale, mais n’en a encore jamais édité : “Les textes sont comme choisis au hasard. Hasard d’une lecture, d’une rencontre, et là je me dis : il me faut ce texte ! Je vais alors chercher l’artiste qui me paraît le mieux compléter l’œuvre. C’est un luxe, un plaisir, celui de faire et de créer.”
Le catalogue compte une dizaine de titres dont le tirage oscille entre 300 et 500 exemplaires. L’artisanat est toujours présent car la plupart des ouvrages, bien qu’imprimés par des professionnels, nécessitent des finitions manuelles comme des collages, des pliages ou la peinture de rubans. Ils se présentent comme des dépliants ; le travail doit se parcourir d’un seul regard : “La poésie fait peur et l’enjeu est d’attirer le public à découvrir ces textes d’abord par l’objet !”.
Mais cela complexifie d’autant la diffusion : “Le format est compliqué à travailler pour des libraires car je n’ai pas vraiment de collections définies, plutôt des familles de livres portant des projets très différents.” Les ventes se concentrent donc sur le site de l’éditrice ou via les animations des auteurs et des illustrateurs.
Et si la démarche artistique de Cousu Main ne correspond pas aux nouveaux supports numériques, les réseaux sociaux lui donnent une visibilité intéressante. Prochaine actualité, la parution du nouvel opus de Thomas Vinau (cf. portrait ) et Valentine Leboucq : Notes de bois.