Florence Hinckel
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Florence Hinckel écrit depuis l’école primaire, dans des carnets précieusement conservés qui l’aident aujourd’hui à “retrouver le ton de l’enfance” pour ses livres que les ados dévorent.
Sa famille quitte la Lorraine pour s’installer à Martigues puis Istres, la petite Florence a trois ans. Elle se souvient de journées entières passées dehors au soleil et d’une grande soeur portée comme elle sur les livres. Ensemble, elles vont lire à la bibliothèque et écrire dans les arbres.
Cette période insouciante s’achève au lycée ; c’est d’ailleurs à quinze ans qu’elle cesse d’écrire son journal. La question de l’orientation la tourmente. Après un bac scientifique, elle abandonne deux fois Maths Sup pour atterrir dans une filière informatique à Aix-en-Provence… la bonne élève a du mal à trouver sa place. Son choix porte finalement sur “le métier le plus ouvert possible”, l’enseignement.
Nommée à Marseille, elle fait ses débuts d’institutrice dans des quartiers difficiles. Un poste dans le quartier du Panier la plonge dans la pédagogie Freinet, au sein d’une équipe de femmes exceptionnelles. Pour la jeune enseignante fraîchement sortie de l’IUFM, c’est “une claque”. Là elle découvrira la pauvreté, le féminisme, et expérimentera l’apprentissage dans le bonheur… “une école de la vie à tous niveaux”.
Elle renoue avec l’écriture à la faveur de son premier enfant, et pour cela participe aux ateliers animés par Nadia Leclerc à la bibliothèque Saint-Charles. L’envie de parler de ses élèves, de leurs histoires et de leurs problèmes, la fait entrer en littérature jeunesse à travers deux enquêtes policières. Menant de front enseignement, activité d’auteur et vie de famille, elle ne cessera plus d’écrire et compte une trentaine de publications en moins de dix ans.
La littérature pour ado, qui permet “une plus grande liberté d’expression”, devient peu à peu son domaine de prédilection. Avec la complicité des éditions Talents Hauts, Florence Hinckel publie une série de huit romans intitulée Ligne 15, sur une bande de copains l’année de leurs quinze ans. “Je n’ai aucune difficulté à faire parler un ado, fille ou garçon, car j’ai encore en moi une voix adolescente très vivace”. Elle veut raconter des histoires singulières en étant au plus proche de la réalité, en échappant aux clichés et en éveillant l’esprit critique. Pour cela, elle se plaît à explorer tous les genres : le polar, l’humour, le récit de vie… et dernièrement l’anticipation avec Théa pour l’éternité, qui soulève des questions éthiques et morales.
Installée depuis peu à La Ciotat, elle a définitivement quitté l’Éducation nationale. La lecture et l’écriture lui procurent toujours beaucoup de joie, et s’y ajoutent les moments privilégiés que sont les rencontres avec ses lecteurs dans les établissements scolaires, les bibliothèques et les salons du livre. Visible également sur la toile avec un blog qu’elle alimente régulièrement, Florence Hinckel ne manque pas de projets : un roman pour adultes sur l’enfance, un documentaire sur la sexualité des adolescents, l’écriture de scénarios pour le cinéma… tout ça avec un enthousiasme qui donne envie de lire la suite.