La condition du traducteur

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Le rapport commandé par le CNL à Pierre Assouline sur la condition du traducteur dresse un bilan argumenté de la profession et un état contrasté du débat. L’enquête menée durant deux ans et demi a permis de rendre compte d’une situation très variable selon les pays et de formuler des préconisations. Qu’en est-il aujourd’hui en France ? Comment la condition du traducteur détermine-t-elle l’industrie, le commerce, le monde du livre ? Et en quoi conditionne-t-elle la notion comme la réalité des échanges culturels à l’échelle nationale, européenne et internationale ?

Si la traduction littéraire s’est fortement professionnalisée dans notre pays grâce à la création de cursus dédiés, elle s’est concentrée sur l’anglais et l’américain au détriment de langues plus rares pour lesquelles il devient difficile de faire traduire des textes (par exemple le hongrois, le finlandais, le chinois ou le turc). La situation matérielle de nos traducteurs, plus avantageuse que celle d’autres pays européens (Italie ou Espagne), s’explique en partie par la place qu’occupe la traduction dans l’économie générale du livre : 13 % des traductions réalisées dans le monde le sont en France (contre 3 % aux États-Unis), et 18 % des livres vendus sur le marché hexagonal ont été traduits. Cependant, Pierre Assouline constate que la situation économique et la reconnaissance sociale des traducteurs se sont considérablement dégradées. La relation entre éditeur et traducteur est souvent tendue, les uns reprochant à leurs comman-ditaires de repasser sur leur travail sans les consulter, les autres critiquant volontiers “un travail bâclé”, un niveau de français défaillant et la sous-traitance pratiquée par certains traducteurs vedettes.

Afin d’engager l’énorme travail de reconnaissance à entreprendre, le rapport plaide pour l’instauration d’un statut de “traducteur créateur” ou de “traducteur coauteur” et entend ouvrir un dialogue nécessaire avec les éditeurs. Une rencontre entre Antoine Gallimard, actuel président du Syndicat national de l’Édition (SNE), et les syndicats de traducteurs (ATLF, SFT, SGDL) est d’ores et déjà prévue le 15 septembre prochain,
au CNL. Rémunération et statut seront au cœur des discussions. L’intégralité du rapport est consultable sur le site internet du CNL.

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