La Gazette des Libraires
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Dans un Dazibao qui présente plusieurs revues éditées en Paca, il nous a semblé opportun de mettre l’accent sur une initiative menée par la Librairie du MuCEM, La Gazette des Libraires : une jolie feuille de chou de huit pages à découvrir régulièrement pour penser la librairie autrement. Un grand merci à Anaïs Ballin-Lecoq, la rédac’chef, et à Jérémie Banel de s’être prêtés au jeu de quelques questions.
Comment est née La Gazette des Libraires ?
L’idée vient de notre responsable, Laetitia Martel, mais tout le monde se l’est très vite appropriée. Chacun a réfléchi, seul et collectivement, pour imaginer ce que nous étions en mesure de proposer. Comme je m’occupe du rayon jeunesse et de la communication, j’ai été désignée “libraire-geek” de la bande et j’ai petit à petit pris en charge la partie technique et surtout informatique de la “chose”. J’ai essayé de trouver une formule qui fonctionne et j’ai fabriqué une petite maquette.
S’agit-il de proposer une nouvelle forme de communication pour la librairie ?
L’idée majeure est effectivement de communiquer mais de communiquer différemment, c’est-à-dire par un autre moyen que celui des réseaux sociaux. Nous voulions créer un lien supplémentaire avec nos lecteurs et clients. En tant que librairie dite “de musée”, nous avons un défi énorme : n’être pas seulement la librairie du musée, mais aussi une librairie à part entière, avec ses choix, ses spécificités, et ses libraires passionné(e)s. Nous le sommes, mais tout le monde ne le sait pas ! La Gazette nous permet ainsi de relayer un peu plus ce qui nous tient tous à cœur.
Vous vous êtes donc fixés une sorte de “ligne éditoriale” ?
Nous n’en sommes qu’au troisième numéro alors je ne sais pas s’il y a vraiment une ligne éditoriale. On expérimente, on essaie des choses, et de numéro en numéro on affirme un peu plus nos idées. En fait chaque numéro porte sa propre identité – “Rentrée Littéraire” pour le premier, “Méditerranée” pour le deuxième –, ce qui ne nous empêche pas de retrouver des “rendez-vous” proposés aux lecteurs : l’édito, la rubrique “ça s’est passé à la librairie”, les coups de cœur, l’inévitable agenda, et les jeux en dernière page. En dehors de ça, la thématique du numéro décide de la forme que celui-ci prend.
Combien de personnes travaillent sur cette gazette ?
Nous sommes huit libraires et chacun y participe. Une idée vient de l’un ou l’autre puis elle fait son chemin. On en discute, les choses mûrissent et on se décide. J’essaie ensuite de voir comment répartir la thématique sur nos huit pages, d’imaginer la mise en page, puis chacun fait ses choix et décide du contenu de sa partie. Comme dans une vraie rédaction, nous fixons un nombre de signes à respecter, des dates limites, puis je mets la pression quand la deadline approche ! Nous écrivons sur nos domaines respectifs mais sans que cela soit figé, chacun étant libre de parler de ce qui lui tient à cœur – c’est le seul réel leitmotiv de la Gazette. Nous veillons cependant à ce que chaque rayon ait une visibilité. Nous essayons également de publier des interviews dans chaque numéro et l’idée d’avoir des invités commence à mûrir…
Avez-vous déjà décidé d’une fréquence de parution ?
La fréquence n’est pas réglée au jour près mais nous avons décidé d’une parution quatre fois par an. Ce rythme nous permet de ne pas être trop surchargés, de continuer à consacrer le temps nécessaire pour la librairie, tout en ayant en tête le prochain numéro.
Qui a fait le choix du format qui rappelle beaucoup celui d’un véritable journal et de sa couture qui le rend réellement identifiable ?
Nous avions plusieurs idées de mise en page et nous avons tout simplement voté pour choisir. Nous ne sommes ni journalistes, ni éditeurs, ni imprimeurs… tout cela est donc assez intuitif. Laetitia a eu la très chouette idée de cette couture, qui nous a tous convaincus ! Comme nous avons des petites mains créatrices à la librairie, il nous a suffit d’installer une machine à coudre dans notre salle de pause… que nous transformons de temps en temps en atelier couture !
Quels sont les futurs projets ou les évolutions envisagées ?
Le travail sur le contenu nous accapare beaucoup mais nous souhaiterions améliorer la diffusion. On a un tout petit tirage de 300 exemplaires. Il nous semble pourtant intéressant de donner à voir La Gazette au-delà de la librairie. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle est disponible en ligne.
Quelques news sur le prochain numéro ?
Le prochain numéro est un spécial “Revues”. Pour chaque rayon - sciences humaines, littérature, jeunesse, beaux-arts, vie pratique et bande dessinée - nous allons mettre en lumière un(e) ou plusieurs revue(s), magazine(s) ou journaux que nous aimons particulièrement. Chaque rayon aura plus de place qu’à l’accoutumée car cette fois, nous présenterons moins de livres. En dernière page il n’y aura pas de mots croisés, car nous préparons un autre type de jeux…