La muse agitée vient se poser à Vallauris
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Nichée entre mer et montagne, entourée de villes imposantes - Antibes et Cannes -, Vallauris Golfe-Juan doit sa renommée à Pablo Picasso et ses céramiques.
À la faveur de la rénovation du centre ancien, un couple vient relever le pari d’y installer une librairie. Enfin !
Lui, Jérôme Peyrelevade, est ingénieur à Paris, elle, Christine Mathieu-Chaumet, formatrice en Corse, et c’est tout naturellement que leur passion de lire les conduit à envisager l’ouverture d’une librairie. Le choix de l’Île de beauté s’avère trop périlleux, aussi décident-ils de se tourner vers les Alpes-Maritimes et le Var. Après plusieurs études, Vallauris Golfe-Juan sort du lot. Économie à la traîne, problèmes de sécurité, déclin culturel… malgré les apparences, la ville détient un potentiel intéressant. Elle compte 27 000 habitants et semble entrée dans une phase dynamique de développement. Conquérir un public en étant la seule librairie paraît plus excitant aux deux comparses que faire son trou à côté d’un confrère. De plus, l’idée d’évoluer progressivement, en même temps que la ville, les séduit et devance celle d’un retour sur investissement à court terme. Études de marché, autoformation, le tout sans aide institutionnelle et avec des déceptions du côté de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Jérôme Peyrelevade et Christine Mathieu-Chaumet se sont donnés un an pour monter leur projet, et deux pour en dresser un bilan.
C’est donc dans 70 m2 en plein centre ville, dans l’avenue centrale qui vient d’être réhabilitée, que La muse agitée ouvre en décembre dernier.
L’accueil est très bon, les visiteurs avides de conseil. Après cinq mois, les deux libraires se plaisent à dire que leurs meilleures ventes sont des livres de fond, qu’ils ont lus et recommandés, loin des grosses cavaleries. Déjà des clients fidèles. Déjà un site Internet où figurent critiques et commentaires sur des livres, récents ou non.
Mal classée par les distributeurs en raison de son assortiment modeste (3 000 volumes environ), la librairie tient à affirmer son indépendance, refuse les offices et le travail en dessous de 30 % de remise. De sorte qu’Hachette n’y est pas représenté, pas plus que les maisons sous pavillon MDS.
Dans la librairie tout en longueur se succèdent l’espace adulte, un assortiment thématique à proximité de la caisse, puis en fond de magasin, les rayonnages jeunesse avec une table pour les enfants et enfin un coin canapé-café pour des découvertes en toute tranquillité.
Axée sur la littérature générale (principalement en poche) et la jeunesse, la librairie réserve quelques étagères à des ouvrges plus spécifiques. À l’entrée du magasin, un petit fonds régional est constitué. Pierre Le Pillouër y côtoie Dominique Segalen, tous deux auteurs résidant à Vallauris ; l’éditeur niçois jeunesse Le Ricochet est par ailleurs actuellement mis en avant.
Commencent en douceur les partenariats et les animations : dédicaces d’auteurs locaux, lectures lors du Printemps des poètes par l’association voisine, réponse au tout récent appel d’offres de la bibliothèque… La manifestation dédiée aux jeunes créateurs de céramiques tout comme le nouveau festival de manga sont des pistes à explorer.
Deux nouveaux libraires à l’affût de propositions… Professionnels de la région : n’hésitez pas à les contacter.