Le goût de lire : en FALC et chez les jeunes
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Dans le cadre d’un cycle semestriel sur le goût de lire, la bibliothèque et les archives municipales Michel Vovelle d’Aix-en-Provence ont proposé à leurs usagers un moment d’échange avec les éditions Kiléma et l’association Lecture Jeunesse.
Agathe Franck et Mathilde Langeard ont partagé leur expérience concernant la méthode FALC et l’accompagnement des adolescents dans leurs lectures, entourées des bibliothécaires Tiphanie Nicola et Manon Marcel.
Les deux structures ont ceci en commun qu’elles sont nées d’un véritable besoin : un souci pédagogique pour Lecture Jeunesse, et un manque crucial de livres adaptés en FALC - Facile À Lire et à Comprendre.
C’est pour répondre à cette absence que Cécile Arnoult a créé Kiléma il y a quatre ans. Depuis, l’équipe a déjà publié une trentaine d’ouvrages, l’effort ayant été mis en particulier sur les deux premières années. Les critères de sélection des titres sont : « Leur appartenance à la culture commune, leur inscription dans le programme de l’Éducation nationale, et leur traduisibilité en FALC, définie lors d’une lecture », explique Mathilde Langeard, éditrice chez Kiléma.
Dans cette maison, on insiste : l’écriture d’un ouvrage ne constitue pas une adaptation, c’est un vrai travail de traduction qui s’opère. Il est réalisé par des professionnels du métier, et parfois des auteurs aguerris à l’exercice, à qui les éditrices fournissent une charte éditoriale concoctée à partir des normes européennes du FALC. Le sens précis des phrases, l’humour, etc. ne doivent surtout pas disparaitre.
La particularité principale réside dans la mise en page : le graphisme est normé, tout doit être très aéré, les blocs de textes sont à éviter. Les notes de bas de page sont souvent incluses. Des relectrices en situation de handicaps variés confirment leur compréhension du texte le cas échéant.
Se trouvent dans le catalogue des classiques présents dans le programme scolaire mais aussi des romans plus contemporains, tels que Petit Pays de Gäel Faye ou La Tresse de Laëtitia Colombani, pour lesquels les traducteurs ont collaboré avec les auteurs pendant leur processus de réécriture.
Le FALC constitue ainsi un potentiel tremplin pour tous types de lecteurs.
C’est l’ambition de Lecture Jeunesse, organisme créé il y a plus de 50 ans pour former enseignants, parents et éducateurs à (re)donner le goût de lire et écrire aux 11-19 ans.
Agathe Franck, responsable de l’Observatoire de la lecture et de l’écriture des adolescents, évoque l’étude récente et alarmante du CNL sur leur rapport à la lecture. Mais elle rassure : “Oui, il y a bien un « décrochage » vers 15/16 ans, en particulier chez les garçons, mais si on compare ces chiffres à ceux du reste de la population, alors on observe qu’ils lisent autant que toutes les tranches d’âges, avec un panel de genres différents plus large que chez les autres”.
L’opposition du format papier au numérique empêche la valorisation de leurs pratiques ainsi que l’aspect épisodique, communautaire et transmédiatique de celles-ci.
Lecture Jeunesse conseille la lecture oralisée pour rendre accessible un texte à des mineurs en difficulté. Celle-ci permet en effet de capter l’attention et l’émotion de chacun. Le mélange des supports peut aussi être une bonne option : écouter en même temps qu’on lit par exemple.
L’association formule cinq points principaux à garder en tête dans le cadre de ses missions :
- Arriver sans jugement vis-à-vis de ce qu’ils aiment, y être sensibilisé et formé.
- Ne pas partir du principe que les classiques ne les intéressent pas. Beaucoup d’adaptations cinématographiques ont récemment attisé leur curiosité envers Jane Austen et Dostoïevski.
- Lire soi-même : les adultes sont de grands prescripteurs, mais ils s’adonnent eux aussi de moins en moins à ce loisir.
- Partir de genres qui leur plaisent : la dystopie, la fantaisy, la romance…
- Leur demander ce qui les intéresse dans ce qu’ils lisent, pour parler leur langage.
Des conseils à retrouver notamment dans la newsletter de l’association.