Le poids économique direct de la culture en 2023
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Dans la collection « Culture chiffres » du ministère de la culture paru en octobre 2025, Nicolas Pietrzyk, chargé d’études, présente Le poids économique direct de la culture en 2023.
Cette masse correspond à la richesse créée par les activités directement culturelles. Le champ statistique comprend ici neuf domaines : livre, audiovisuel, spectacle vivant, presse, publicité, architecture, arts visuels, patrimoine et EAC. Cependant, il exclut les activités industrielles qui se limitent à reproduire des produits sans leur apporter de valeur proprement culturelle (comme l’imprimerie) et une partie des services numériques, encore difficiles à mesurer.
En 2023, le poids économique direct - c’est-à-dire la valeur ajoutée de l’ensemble des branches - est évalué à 49,5 milliards d’euros sur une production totale de 108,8 milliards d’euros, soit 2 % du PIB. Après les périodes liées à la crise sanitaire, cette année marque un retour à une croissance d’activité modérée.
L’audiovisuel est en tête (27 % de la valeur ajoutée), porté par la production cinématographique et les jeux vidéo. Le spectacle vivant atteint son niveau le plus élevé (17 %). À l’inverse, la presse connaît un recul structurel (de 19 % en 2000 à 8 % en 2023), tandis que le livre demeure relativement stable.
Ce secteur représente 6,4 milliards d’euros de production et 2,9 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 5,9 % du poids économique culturel. Après deux années de forte croissance (26 % en 2021 et 14 % en 2022), la branche stagne en 2023.
Cette stabilité s’explique par plusieurs facteurs mais masque des mutations profondes.
La transition digitale modifie les modes de consommation avec une montée du livre numérique et des ventes en ligne. Cependant, elle brouille les contours des nomenclatures où « une partie des achats des consommateurs se fait sur des sites étrangers ou localisant leurs bénéfices dans des maisons mères à l’étranger ». Ces plateformes étrangères (Amazon Kindle ou Apple Books) échappent aux instruments classiques de la comptabilité nationale et ne sont pas comptabilisées dans le champ concerné.
Par ailleurs, bien que moins marquée que pour la presse, la baisse des points de vente et la concentration des acteurs influent sur la dynamique.
En résumé, si le livre conserve un poids stable dans la culture, les indicateurs traditionnels peinent à refléter l’impact réel des ventes numériques et de ses nouveaux acteurs, ce qui impose, selon l’étude, de compléter les estimations par des enquêtes sur les pratiques actuelles.