Les dépenses culturelles des collectivités territoriales en 2025

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Dans le cadre des statistiques ministérielles de la culture, l’Observatoire des politiques culturelles a publié, en octobre 2025, le Baromètre 2025 sur les budgets et choix opérés par les collectivités territoriales. Cette année marque une rupture : une tendance à la baisse budgétaire inédite par son ampleur a été constatée.

Les répondants sont :

  • 40 % à indiquer une réduction de leur budget primitif total (non uniquement culture) entre 2024 et 2025 contre seulement 15 % entre 2023 et 2024.
  • 47 % constatent un recul de leur dépenses culturelles et pour plus de 20 % de l’échantillon, celui-ci est supérieure à 10 %.

Les financements culturels de fonctionnement sont particulièrement touchés (près de 50 % entre 2024 et 2025 contre 21 % entre 2023 et 2024). La situation se ressent plus fortement pour les Régions et les Départements. Les plus impactés par ces diminutions sont : les festivals et événements, le spectacle vivant, l’action culturelle/EAC.

En ce qui concerne les investissement entre 2024 et 2025, il y un peu plus d’affaiblissements déclarés (36 % des collectivités et intercommunalités) que de stabilité et de hausse (30 % dans les deux cas). La dégradation est encore une fois plus significative pour les Régions et Départements (près de 60 %). Les autres sondés représentent les 3/4 des dépenses culturelles d’investissement.

26 % des répondants constatent une baisse des emplois présents dans le secteur de la culture entre 2024 et 2025 (la plus importante est observée dans les départements).

En 2025, la détérioration de la situation financière des collectivités est particulièrement manifeste si on se réfère aux subventions versées aux associations culturelles : 42 % annoncent diminuer leurs soutiens financiers contre 11 % l’année précédente (68 % des Départements contre 21 % précédemment, 58 % des Régions contre 8 %, 38 % des Métropoles contre 5 %). La majorité des communes, principales financeuses des associations culturelles, disent quant à elles, maintenir à un même niveau les apports qui leur sont dédiés.

“Le sentiment d’une stabilité du système de coopération publique domine pour une majorité d’entre elles : la moitié des directeurs et directrices des Affaires culturelles considèrent que celle-ci n’a pas évolué. Toutefois, le taux de réponses relatant une dégradation de ces relations a doublé par rapport au baromètre précédent. Le modèle coopératif apparaît fragilisé sous l’effet des décroissements de financements et des désalignements des positionnements politiques. C’est en particulier au niveau des communes de plus de 50 000 habitants et des métropoles que ces logiques de collaboration sont le plus affectées”.

“La majorité des institutions indiquent ne pas être à la recherche d’une plus grande autonomie dans la conduite de leur politique culturelle par rapport à celle de l’État et à celle des autres niveaux d’aministrations territoriales”. Dans un contexte défavorable, il semble primordial de préserver autant que possible les partenariats à l’œuvre et les logiques de mutualisation budgétaire. Par exemple, 70 % des Régions revendiquaient une recherche « d’indépendance » dans la construction de leurs choix culturels en 2024, 42 % seulement l’expriment encore en 2025.

Près d’un répondant sur deux est favorable à l’élargissement des compétences obligatoires en matière culturelle pour les collectivités territoriales et leurs groupements (14 % n’y sont pas favorables, 37 % ne savent pas se positionner).

“La pérennisation de l’héritage politique et technique de la coopération s’accompagne ainsi de la volonté de renforcer les logiques de décentralisation en compétences obligatoires dans le domaine de la culture. Alors que de nouvelles réformes pourraient se profiler, les motifs invoqués pour y accentuer la présence des enjeux culturels sont de plusieurs ordres :

  • Clarification et répartition des rôles entre niveaux de collectivités.
  • Consolidation et harmonisation de certaines politiques publiques (notamment en matière de lecture et d’enseignement artistique).
  • Recherche d’une plus grande équité territoriale.
  • D’autres motivations encore portent sur la sécurisation du soutien à la création et aux équipements de diffusion”.

Les données déclarées dans l’enquête 2025 confortent celles de 2024 quant à l’importance accordée par les DAC aux problématiques environnementales avec un renforcement perçu cette année au niveau régional : seuls 13 % des responsables culturels indiquent ne pas avoir mis en place d’action spécifique dans ce domaine (18 % auparavant). Les mesures de sobriété énergétique (équipements culturels, adaptation du patrimoine…) sont les plus citées (60 %), devant les actions de mutualisation de matériel (50 %) et les actions de formation des agents.