Les Français et la lecture : baromètre 2025
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Le 8 avril 2025, le Centre national du livre (CNL) a rendu publics les résultats de la sixième édition de son baromètre bisannuel Les Français et la lecture. Cette enquête dévoile les pratiques de la population vis-à-vis du livre.
Globalement, la part des habitants de l’Hexagone se déclarant spontanément lecteurs et lectrices diminue. Cette baisse concerne toutes les catégories : hommes et femmes ; CSP+ et CSP- ; la quasi-totalité des tranches d’âge ; mais aussi et surtout les lecteurs réguliers (-5 points), dont le niveau est au plus bas depuis 2015.
Les personnes sondées lisent également de moins en moins au format papier (-4 livres). En revanche, l’utilisation du format numérique a progressé en 10 ans (+3 livres) et environ la moitié des 15-34 ans en est adepte. De la même manière, l’écoute de supports audios augmente (+2 points).
De moins en moins de temps consacré à la lecture
La population lit toujours principalement chez elle, ou dans un autre cadre privé, et dans les transports. En revanche, elle lit moins qu’avant dans les bibliothèques (-5 points). La lecture reste principalement un loisir, bien plus qu’une activité liée au travail ou aux études.
Ceux qui s’y adonnent le font moins fréquemment qu’avant : la part de lecture quotidienne chute (-4 points) et enregistre son niveau le plus bas jamais atteint depuis 10 ans (45 %).
Par ailleurs, plus d’un quart fait autre chose en même temps, (notamment envoyer des messages ou aller sur les réseaux sociaux), en particulier les 15-24 ans (53 %) et les 25-34 ans (42 %).
En dehors des romans – qui restent le genre littéraire le plus lu en cumul (70 %) - les segments BD, histoire et pratique sont également privilégiés. Si les moins de 20 ans se penchent sur les œuvres classiques, certainement dans le cadre scolaire ou étudiant, ils choisissent prioritairement des mangas/comic ou de la new romance…
Les librairies et les bibliothèques moins plébiscitées
Si l’achat de livres neufs reste globalement stable par rapport à 2023 et depuis 2015, celui de titres d’occasion a très nettement évolué en 10 ans (+13 points). Les consommateurs privilégient désormais les grandes surfaces culturelles (+6 points), devant les librairies, en baisse, et les sites de vente en ligne, qui continuent de progresser.
La recommandation d’un proche, le résumé de l’œuvre et l’envie de découvrir un auteur sont de loin les principaux déclencheurs d’achat, même si Internet peut désormais être prescripteur. Chez les lecteurs de moins de 34 ans, les réseaux sociaux pourraient également être fortement incitatifs. Le visionnage d’une série ou d’un film adapté d’un ouvrage peut aussi susciter l’envie de lire, en particulier chez les moins de 20 ans.
L’emprunt régulier en bibliothèque atteint son niveau le plus bas depuis 10 ans : désormais moins d’un usager sur quatre emprunte, au moins de temps en temps, en bibliothèque.
L’exemple parental reste un facteur déclencheur pour cette pratique : les moyens et grands lecteurs sont plus nombreux à affirmer que leurs parents lisaient eux-mêmes ou leur lisaient des histoires.
La concurrence d’autres loisirs : un frein important
Les activités sur Internet occupent de plus en plus de place dans le temps libre des Français. Ils consacrent, en effet, presque une journée par semaine aux écrans (hors études/travail). Chez les moins de 25 ans, le déséquilibre est encore plus fort : ils passent plus de 5 heures par jour devant un téléphone, une console ou un ordinateur, quand ils lisent des livres pendant 3h18 par semaine.
« Face à cette omniprésence des écrans dans nos vies, à l’enfermement algorithmique et à la fragmentation de l’attention créés par les réseaux sociaux, la lecture est menacée. Les données révélées par notre baromètre sont inquiétantes. Une prise de conscience individuelle et collective est aujourd’hui nécessaire pour l’avenir de nos sociétés et celui de la filière du livre ».