Passer le relais coûte que coûte

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Les éditions Ophrys, l’une des plus anciennes maisons d’édition de la région PACA, viennent d’être rachetée en ce début d’année par un groupe parisien : Technip.

À l’origine Ophrys est une imprimerie gapençaise. Dans les années 30, Ophrys publie son premier ouvrage Fleurs des Alpes de Louis Jean. L’idée est lancée : pourquoi ne pas devenir une maison d’édition ?

L’activité éditoriale se développe alors parallèlement à celle de l’imprimerie.
Dès 1948, Ophrys publie des ouvrages scolaires et parascolaires pour l’enseignement des langues. Certains titres accompagneront des générations d’élèves.

En 1963, la maison d’édition devient une Société Anonyme (SA) et cède la partie imprimerie. Les publications sont alors destinées aux universitaires : étudiants, enseignants et chercheurs.
La production se subdivise en 22 collections, dont :

  • « L’homme dans la langue » spécialisée dans la linguistique de l’énonciation,
  • « L’Essentiel français » dédiée à la linguistique française,
  • « Synthèses d’Histoire », « Linguistique contrastive »…

Deux grands marchés sont ainsi couverts, enseignement secondaire et enseignement supérieur, pour l’essentiel dans les disciplines suivantes : langues vivantes, civilisation, linguistique, langues anciennes, histoire, géographie et sociologie. Ophrys tente par ailleurs de s’ouvrir à d’autres domaines avec quelques ouvrages régionaux, la plupart consacrés aux Hautes-Alpes.
Trois revues : Revue française de Sociologie, Revue de l’Art et Faits de Langues complètent le panorama éditorial.

Forte d’un certain succès remporté auprès des enfants, parents et enseignants, avec un album publié en 2003 : Le Pacha à deux queues et l’arbousier, Ophrys vient de lancer une nouvelle collection jeunesse : « Sciences et poésie ».
Imaginée par Jean-Pierre Jaubert, ancien directeur de collection chez PEMF, son concept est d’allier la science à la poésie classique et contemporaine par le biais de photographies et de thématiques documentaires. Présentés sous forme de petits albums, les premiers titres sont : Le Chat, La Pomme, La Lune, Le Papillon.

Les éditions Ophrys cherchent avant tout à publier des ouvrages de qualité en associant des titres « commerciaux » aux ouvrages de recherche.

L’activité s’étoffe, se structure, la maison reste familiale et assure elle-même sa diffusion et sa distribution. Quatre personnes à Gap : une pour la gestion de l’entrepôt, deux pour l’administratif, et la directrice Bernadette Monnier, fille du fondateur. Quatre autres à Paris : chargées de la presse, de la diffusion et de la distribution sur la capitale.

Une maison d’édition saine de corps et d’esprit, dont pourtant aucun membre de la famille ne souhaite poursuivre l’aventure.
Soucieuse de la continuité de l’entreprise, Bernadette Monnier cède en janvier dernier son fonds et laisse son équipe parisienne aux mains des éditions Technip, 960 titres au catalogue, spécialisées dans les sciences et techniques.

Des questions se posent. Qu’adviendra-t-il des nouvelles publications jeunesse n’entrant pas dans la ligne éditoriale du repreneur ? L’énergie presque centenaire de cette famille sera-t-elle perpétuée ?…
Seul le temps pourra le dire.