Pratique lectorale et rapport à la lecture des jeunes en voie de marginalisation

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À l’occasion du Salon du Livre de Paris, le Centre national du livre a rendu compte de l’enquête menée auprès des jeunes en voie de marginalisation par Véronique Le Goaziou.

Le livre n’a jamais été abordé spontanément par ces jeunes lors des discussions portant sur leurs pratiques culturelles et de loisirs. La lecture arrive au dernier rang de ces pratiques, exercée « faute de mieux ». Elle apparaît comme «un accident».

Jusqu’à l’âge de 14 ans, l’école et la bibliothèque sont, en général, les principaux prescripteurs du livre. L’entourage lit peu mais le manque de lecture n’est pas lié à l’absence de livres autour des jeunes.

La lecture est une contrainte car elle leur prend du temps (ils sont toujours pressés) et n’est pas considérée par eux comme une activité (culpabilité de “ne rien faire”). De manière plus générale, l’immobilisme entraîné par la lecture les met mal à l’aise ainsi que le « halo de silence » et le repli sur soi nécessaire. Cet éloignement des autres ne leur convient pas, tout comme l’enfermement intime que la lecture exige et qu’ils qualifient de beaucoup trop impressionnant et contraignant.

La lecture « informative » (sur ordinateur, MSN, SMS) n’est pas perçue comme une lecture consciente. Les choix de lectures se portent sur la BD (ciblée jeunesse et surtout “classiques”), les magazines, les polars, biographies et faits divers, à travers lesquels ils cherchent à s’identifier, ainsi qu’à trouver des émotions et sensations.

En revanche, la parole leur permet de mieux recevoir les informations.

Le site Internet du CNL permet aux plus curieux de lire le bilan complet de l’enquête : www.culture.gouv.fr/culture/actualites/index-dll.htm

culture.gouv.fr