Trêve des nouveautés : l’heure du bilan
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L’Association pour l’écologie du livre publie un rapport sur les résultats obtenus après cette opération organisée à partir de janvier 2024 auprès des librairies.
Avec un doublement des références en vingt ans, les libraires ont du mal à trouver le temps nécessaire pour effectuer leur travail en toute sérénité. C’est sur ce constat qu’un appel à une “pause” des achats de nouveautés, a été lancé. Entre janvier et juin 2024, ce sont une vingtaine d’enseignes françaises et belges, de tous types et de toutes tailles, qui ont relevé le défi.
Toutes les structures ne se sont pas impliquées de la même manière dans cette trêve. Si certaines ont décidé de refuser l’intégralité des nouveautés pendant 6 mois, d’autres ne la mettaient en place que certains mois ou seulement pour certains rayons. Cette liberté leur permettait d’agir selon leurs besoins et envies. À travers une étude comparative et quantitative faite par l’association, on se rend compte que le chiffre d’affaires des commerces engagés n’a pas baissé de manière significative, ce qui permet de se questionner sur la place des derniers ouvrages parus.
La plupart des professionnels sondés semblent sortis heureux et changés de cette expérience, prêts à modifier leurs habitudes de travail : « Dans l’ensemble, les équipes ont trouvé la démarche très stimulante, ce qui a notamment permis de discuter du sens de leur métier et commencer à prendre conscience des enjeux écologiques qui lui sont liés ». A contrario, il a été constaté que cette action avait rarement été remarquée par les clients. Des représentants s’étaient également sentis blessés et méprisés… « Cependant, pour l’ensemble des libraires qui ont participé à la trêve, aucun ou aucune ne semble imaginer revenir à « l’anormal » et tous et toutes souhaitent continuer à revendiquer haut et fort leur indépendance. Ainsi, par le fait de tester, collectivement, une autre manière de faire, cette trêve a démontré qu’il était possible de faire bien autrement et de proposer d’autres chemins pour travailler et (re)trouver du sens à nos métiers ».
L’Association pour l’écologie du livre ne souhaite pas s’arrêter là et prévoit de réitérer cette opération de mars à juillet 2025, en s’appuyant sur les retours de 2024.