Un mariage entre art et poésie

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Nées en 2022, les éditions aixoises Épousées par l’écorce ont pour ambition de tisser un lien unique entre des œuvres d’artistes et de poètes, sous la forme d’un livre.

C’est de sa formation de théoricien du cinéma que Jean-Michel Durafour, fondateur de la maison, tient son approche. Ainsi, de la même façon que le septième art utilise le raccord entre deux images pour donner naissance à une histoire, lui cherche à rassembler deux œuvres et laisser apparaitre quelque chose d’unique dans l’espace de cette union.

Pour ce faire, Jean-Michel Durafour pioche dans son carnet d’adresses enrichi par sa double casquette de professeur d’art et de poète. « L’idée de base c’était de trouver un entre-deux entre le titre d’art, pas très accessible du fait de son prix, et le recueil de poèmes dont la forme manque parfois d’originalité. Au milieu, on a cette forme hybride qui crée sa propre histoire, son propre sens. Avant de les mettre en commun, on sélectionne des œuvres artistiques (photos, peintures, arts plastiques ou numériques) et poétiques qui ne se connaissent pas, qui n’ont pas été pensées l’une par rapport à l’autre, voire qui peuvent être contradictoires », explique-t-il.

Après une publication la première année, deux la suivante, la maison s’est calée sur un rythme de trois par an. Sept sont disponibles à ce jour. Au format unique de 25 x 20 cm, elles sont tirées à 300 exemplaires, et aucun deuxième tirage n’est prévu. « Si cela se passe à l’avenir, ce serait pour des éditions augmentées », précise l’éditeur. La distribution est effectuée de façon autonome, auprès des librairies partenaires listées sur le site web.


"Épousées par l’écorce" : une signification où s’entremêlent littérature et nature

Ce nom qui intrigue, d’où vient-il ? L’écorce résonne avec un certain rapport au monde qu’entretiennent le fondateur et les artistes/poètes à qui il fait appel, et qui se reflète dans les publications, comme l’indique la page d’accueil du portail internet : “Écorce : enveloppe protectrice du corps végétal. Épaisseur publiée de l’arbre entre la mobilité renfermée de la sève brute dans l’aubier et l’atmosphère venteuse et sèche du pays. On appelle liber – le « livre » – la partie la plus intérieure de l’écorce où rampe la sève élaborée. Les livres sont veines et galeries où circule le sens vif. L’autre nom du liber est le phloème. Le poème des arbres sur lesquels écrivent les poètes et tracent les artistes des images”.

Parmi les ouvrages prévus cet automne, le travail sur les fjords de l’artiste norvégienne Vilde J.Rolfsen (Plastic Bag Landscape) va rencontrer les textes du poète Michel Bourçon issus de son recueil Attente ouverte aux lointains.



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