Enquête auprès des auteurs, autrices et maisons d'édition
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En juin 2025, l’ArL a adressé à ses contacts une rapide enquête sur leurs pratiques et besoins pour rendre leurs ouvrages et textes plus inclusifs.
Sur 711 auteurs et autrices contactés, 31 ont répondu, soit 4 %.
Le pourcentage est similaire pour les maisons d’édition : sur 217 questionnaires envoyés, 6 ont répondu, soit 3 %.
© Marie Boisson
Qu’évoque pour vous la notion d’inclusivité ?
Le premier objectif de ces questionnaires était l’identification des notions associées pas les professionnels du livre à celle d’inclusivité. L’accessibilité était le thème le plus sélectionné chez les éditeurs, suivi des questions raciales, là où chez les auteurs c’est le genre qui est prépondérant, suivi lui aussi des questions raciales.
L’illettrisme et la situation des publics allophones ont été sélectionnés un peu moins chez les auteurs, et très peu chez les éditeurs.
Ont été ajoutés par les répondants à ces catégories sociales la classe ouvrière, l’âgisme, la « pauvreté culturelle ».
Concernant les éditeurs et éditrices, la totalité des répondants ont répondu que l’inclusivité faisait partie de leurs réflexions personnelles, et la quasi-totalité de leur politique d’entreprise et/ou de leur ligne éditoriale.
PRATIQUES
Seul un à deux éditeurs indiquent avoir observé une évolution de ses pratiques envers les groupes sociaux mentionnés ci-dessus. Les mêmes chiffres ont été recueillis au sujet de la publication d’auteurs et autrices issus de communautés sous-représentées. En revanche, une majorité des répondants disent vouloir en publier davantage.
Trois éditeurs et éditrices sur six affirment qu’ils publient des livres numériquement accessibles.
Concernant les auteurs, 13 % d’entre eux disent demander à leur maison d’édition qu’elle publie leurs ouvrages en format numérique accessibles, 50 % disent ne pas le faire, et 37 % n’avaient pas envisagé qu’il soit possible de le demander.
Au sujet de l’écriture « égalitaire », une majorité des auteurs et éditeurs ont répondu qu’ils ne l’utilisaient pas. Les justifications concernent pour les réponses négatives un risque de gêne pour la lecture, ou un manque d’intérêt. Dans le cas de figure inverse, les répondants évoquent un lien direct entre la parité et le langage.
Aucun des six éditeurs ne connait l’Acte européen d’accessibilité et LINA 25. Deux seulement connaissent la plateforme PLATON.
La plupart des autrices ont répondu que des initiatives pour rendre le monde du livre plus inclusif leur seraient bénéfiques. Elles souhaiteraient observer une prise de conscience et des actions face au sexisme qu’elles peuvent subir.
Voici les initiatives proposées :
- Plus de transparence sur les rémunérations perçues.
- Des ateliers sur ces questions.
- Des recherches approfondies sur l’écriture inclusive.
- L’invitation de davantage d’auteurs racisés à prendre la parole - grâce à une publication croissante de leurs textes et aux rencontres littéraires.
Plusieurs auteurs et autrices affirment que certaines thématiques, comme l’homosexualité, l’écriture inclusive ou simplement la présence de personnages racisés, sont encore compliquées à aborder avec leurs maisons d’édition.
BESOINS
Les auteurs témoignent d’un manque de temps et d’argent pour se former sur ces sujets.
Les demandes des éditeurs et auteurs au sujet de ce que peut proposer l’ArL sont variables. Les éditeurs ont indiqué avoir davantage besoin de ressources documentaires, ainsi que de groupes de travail. Les auteurs ont indiqué un besoin pour ces deux propositions, mais aussi pour des formations et journées professionnelles. L’illettrisme est le sujet sur lequel ils semblent avoir le moins d’informations.