Enquête auprès des bibliothèques, librairies, manifestations
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EN juin 2025, l’ArL a adressé à ses contacts une rapide enquête sur leurs pratiques et besoins pour rendre leurs lieux, ouvrages et évènements plus inclusifs.
Sur 400 envois aux bibliothécaires, 76 ont répondu, soit 19 % ;
Sur 203 envois aux libraires, 23 ont répondu, soit 11 % ;
Sur 147 envois aux manifestations et résidences littéraires, 4 ont répondu, soit 3 %.
© Marie Boisson
Pour les professionnels ayant répondu, la notion d’inclusivité fait référence à :
- l’accessibilité pour 91 % d’entre eux,
- le genre pour 60 % d’entre eux,
- les questions raciales pour 57 % d’entre eux,
- les publics allophones pour 59 % d’entre eux,
- l’illettrisme pour 67 % d’entre eux.
Ces pourcentages diffèrent des réponses des auteurs et éditeurs à cette même question.
Près de la moitié des répondants considère que « l’inclusion » fait partie de ses réflexions personnelles et de la politique de la structure pour laquelle ils travaillent. Pour 7 % d’entre eux, elle fait partie de la ligne éditoriale de cette structure.
PRATIQUES
55 % des répondants n’ont jamais participé ou organisé une rencontre, une journée d’étude, un festival ou un autre évènement collectif tourné autour de la notion d’inclusivité. 42 % disent l’avoir fait, et mentionnent :
- L’accueil d’écoles situées en REP+, de classes ULIS, des partenariats avec des foyers d’accueil ;
- Un cycle annuel sur une sensibilisation aux TSA (troubles du spectre de l’autisme) ;
- Un cycle d’expositions inclusive/handicap, une valorisation des outils et collections adaptées ;
- Le groupe de travail de l’ABD sur l’accessibilité.
Les libraires, bibliothécaires et organisateurs de manifestations littéraires observent une évolution notable de leurs pratiques envers les personnes en situation de handicap ces dernières années. Suivent, par ordre décroissant d’initiatives : les publics allophones, les personnes en situation d’illettrisme, les minorités de genre, les minorités racisées.
Dans le cadre professionnel, les répondants disent avoir affaire à des personnes en situation de…
- Handicap moteur pour 26 % d’entre eux,
- Déficience visuelle pour 22 % d’entre eux,
- Surdité, mutité pour 17 % d’entre eux,
- Handicap intellectuel (troubles cognitifs, dys…) pour 30 % d’entre eux.
21 % des répondants affirment qu’il y a une personne référente sur ces questions dans leur structure, 4 % ne savent pas, 75 % disent qu’ils ne le savent pas.
La plupart des répondants affirment connaître les obligations et textes de référence au sujet des normes de leurs locaux/établissements. Moins de la moitié d’entre eux connaissent celles qui s’appliquent à leur communication au public en ligne, sur place, et au signalement des contenus accessibles.
65 % affirment que leur bâtiment ou les locaux qu’ils utilisent sont conformes aux normes d’accessibilité, 26 % que ce n’est pas le cas, et 9 % qu’ils ne savent pas ce qu’il en est.
La grande majorité des répondants n’ont pas entendu parler de L’acte européen d’accessibilité, ni de la plateforme PLATON. Quelques-uns connaissent la commission Légothèque de l’ABF et près de la moitié connaissent la commission AccessibilitéS de l’ABF.
Les structures dont les membres ont répondu proposent :
- Des livres en grands caractères : pour 82 % des bibliothècaires, 17 % des libraires,
- Des livres en braille : pour 81 % des bibliothécaires, 18 % des libraires,
- Des livres audios : pour 87 % des bibliothécaires, 12 % des libraires,
- Des fichiers numériques accessibles : pour 83 % des bibliothécaires, 16 % des libraires,
- Des lecteurs Daisy : pour 80 % des bibliothécaires, 20 % des libraires.
Des initiatives ont été mises en place dans les structures de 41 % des répondants, qui ont cité : les fonds FAL et FALC, les lecteurs Daisy, la formation du personnel, la signalisation DYS, l’adaptation PMR des locaux.
Assez peu d’entre eux ont constaté une démarche pour inviter davantage d’auteurs et autrices issus de communautés sous-représentées. Près de la moitié d’entre eux aimeraient le faire davantage.
Une dizaine de bibliothèques proposent des traductions en LSF, un visionnage en ligne ou des sous-titres et une audiodescription pour leurs évènements. Une librairie et deux manifestations littéraires le font aussi.
Au sujet de l’écriture « égalitaire », 41 % des répondants disent y prêter une attention particulière. Beaucoup évoquent un manque de temps (« pour y réfléchir »), et parlent d’un blocage au niveau institutionnel / directionnel. Un certain nombre d’entre eux précisent que ça leur paraît très important.
BESOINS
Un curseur proposé nous permet d’identifier que les répondants se sentent très, très peu informés sur les notions et enjeux liés à l’inclusivité.
Concernant leurs demandes au sujet de ce que l’ArL peut proposer, ils et elles ont fortement sélectionné des ressources documentaires, formations et journées professionnelles, ainsi que des groupes de travail sur toutes les thématiques mentionnées plus haut.