3 questions à... Marion Charlet

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L’Agence vous propose de découvrir régulièrement des professionnels du livre qui vivent et travaillent en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
L’éditrice Marion Charlet, installée à Avignon, a bien voulu se prêter au jeu des questions-réponses.

Crédits photo : F. Piot

Les Éditions Marion Charlet ont été créées en 2019 par une ex-archéologue, avec le souhait de valoriser l’archéologie, mais aussi l’architecture, l’histoire et le patrimoine auprès d’un lectorat de curieux ou de passionnés. Huit beaux livres ont ainsi paru, écrits par des spécialistes dans leur domaine.
Deux collections distinctes sont publiées : Ligne de Mire avec un soin spécifique apporté aux illustrations et Baraban qui regroupe des titres pour ceux qui souhaitent aller plus loin. Imprimés et distribués en France, dans une démarche respectueuse de l’environnement, les ouvrages sont disponibles dans le réseau des librairies.
En janvier 2024, Marion Charlet saisit l’opportunité de racheter la revue L’Archéologue, une autre façon de valoriser la discipline auprès de tout un chacun, avec les mêmes procédés, qualités des textes et de l’iconographie.

Le passage d’un à l’autre m’a semblé fluide, en partie parce que les logiciels sont communs aux deux disciplines : maîtriser la mise en page, les images et la photogravure est nécessaire dans les deux cas. Des collègues archéologues ou anciens professeurs m’ont suivi et aidé dans la création de la maison d’édition en me confiant les premiers manuscrits. Enfin, avoir exercé cette profession me permet, c’est évident, une compréhension fine et une étude critique des textes qui me parviennent : c’est un atout dans la discussion que je peux avoir avec les auteurs ; et en retour, ils me font confiance pour ne pas travestir leurs recherches, y compris leurs incertitudes.

Les premières parutions étaient des sommes ! Toute l’étude archéologique de l’abbaye de Saint-Gilles du Gard, idem pour la cathédrale de La Major de Marseille… Entre 15 et 25 auteurs par livres, des centaines de photographies qui nécessitent un long travail et un investissement considérable, dans tous les sens du terme. Racheter la revue L’Archéologue a été une formidable opportunité de poursuivre le même travail de valorisation de l’archéologie auprès d’un large lectorat non spécialiste. Chaque trimestre, il faut orchestrer une quinzaine d’auteurs pour sortir 80 pages, sans compter notre hors-série qui voit le jour une fois par an. Là, pas question de dévier du calendrier car la presse n’attend pas ! Ces deux dernières années, le rythme a été très soutenu et j’ai consacré la majeure partie de mon temps au magazine.

Mais en 2026, je reviens au livre avec une nouvelle collection, Avignon, mon amour : avignonnaise, je souhaitais mettre en lumière des publications pour et sur ma ville. La première publication parait cette semaine (un roman de Jean-François Galletout et des photos d’Alexandre Brétinière : Rendez-vous aux Bains Pommer), la seconde à l’automne en collaboration avec le Département du Vaucluse (Les Plafonds peints de la place du Change de Guilhem Baro).

Concernant les livres, les petits éditeurs sont toujours en recherche de la meilleure solution en matière de diffusion et de distribution, celle qui sera la plus adaptée à la relation libraire. En revanche, pour la presse, des partenaires solides sont déjà en place ! Créé en 1993, le magazine L’Archéologue est distribué par les Messageries Lyonnaise de Presse (distributeur historique de la presse en France) dans 2 200 points de ventes de France et de Belgique. Évidemment, là aussi, c’est un réseau qui se construit et se développe encore aujourd’hui. En adoptant la casquette d’éditrice de presse nationale (indépendante !), il a fallu repenser certains procédés, apprendre encore…. Mais mon expérience a représenté une base solide pour ce nouveau média.

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