Baromètre des festivals 2024 : quid du livre et de la littérature ?

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Cette étude, publiée par le ministère de la Culture, dresse un panorama riche et contrasté de l’activité festivalière en France. Parmi les 2 000 répondants, les manifestations dédiées au livre et à la littérature représentent 8 % du total, soit une part significative dans un paysage dominé par le spectacle vivant et la musique.

Ces festivals littéraires se distinguent par leur ancienneté : 64 % ont été créés avant 2010, et seulement 4 % après 2019, ce qui témoigne d’un ancrage historique plus fort que dans d’autres domaines. Leur saisonnalité est également spécifique : 60 % se tiennent de janvier à juin, contre seulement 8 % en période estivale. Leur lien avec les bibliothèques, dépendantes de l’ouverture et de la disponibilité du personnel de ces établissements en été, explique en partie ce choix.

Sur le plan géographique, la moitié se déroule dans une seule commune, mais ils sont proportionnellement les plus nombreux à étendre leur programmation à plusieurs communes, notamment grâce aux réseaux intercommunaux des lieux de lecture publique.

Avec une faible part de programmation en extérieur (8 %), ces événements privilégient les salles (60 %). Lorsqu’ils ont lieu en intérieur, 71 % utilisent plusieurs lieux, ce qui reflète une volonté de maillage territorial. En revanche, « l’itinérance  » reste marginale (17 %), tout comme les dispositifs multi-scènes en plein air.

En termes de durée, plus de la moitié sont organisés entre un et trois jours, ce qui les classe parmi les rendez-vous les plus courts. Leur jauge est également modeste : 34 % accueillent moins de 1 000 spectateurs, et seuls 6 % dépassent les 15 000 personnes. Cette taille réduite s’accompagne d’une importante gratuité : 75 % d’entre eux le sont entièrement. Un record parmi tous les domaines artistiques.

Leur statut juridique est majoritairement associatif (82 %), mais 13 % relèvent d’établissements publics, une proportion plus élevée que la moyenne. Sur le plan financier, ils sont confrontés à des défis : 31 % déclarent un déficit en 2024, contre 25 % en moyenne. Les recettes de billetterie sont souvent inexistantes, et les subventions, bien que stables pour un quart d’entre eux, sont en baisse pour un tiers.

Enfin, les engagements sociétaux sont présents : 58 % réfléchissent à des actions de développement durable et 24 % ont engagé des démarches contre les violences sexistes et sexuelles.

Malgré ces contraintes, 91 % prévoient une édition en 2025, preuve de leur rôle essentiel dans la vie culturelle locale. Enracinés, accessibles à tous, ils incarnent une forme de festival à échelle humaine, tournée vers la rencontre et le partage autour des mots.