L'Antre de Calliopée : imaginaire et gourmandise

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À Aix-en-Provence, en bas de la rue des Cordeliers et à quelques mètres de la Bédérie, une nouvelle devanture aux couleurs sombres et envoûtantes a fait son apparition le 26 octobre 2021. Il y est écrit : “L’Antre de Calliopée, la librairie salon de thé de l’imaginaire”. Juste à côté, la figure de la muse de la poésie épique, entourée par les étoiles, observe les passants et attise leur curiosité.

Derrière les portes, un univers inspiré de la pop culture se déploie à travers la décoration, les différentes collections d’ouvrages, mais aussi la restauration proposée. Ainsi, il est possible de boire un chocolat chaud assis sous des lettres d’admission à Poudlard, de travailler tout en dégustant une pâtisserie Spiderman ou encore d’aller aux toilettes en passant par la porte du TARDIS de Doctor Who. Selon Mathilde Cappannelli, sa propriétaire, un lieu comme celui-ci a vocation à faire voyager le public dans un autre monde en lui faisant découvrir des éléments cachés. En effet, semaine après semaine, elle continue d’y ajouter certains détails : « J’ai envie que ça devienne un lieu de curiosité pour les gens. »
 

L'intérieur de la librairie Calliopée

Mathilde Cappannelli nourrit ce rêve depuis la fin de ses études en DUT “Métiers du livre”. Après plusieurs années d’expérience en tant que libraire dans de petites comme de grandes enseignes et un bilan de compétences favorable, elle commence à travailler sur son projet au cours du premier confinement, en mars 2020.

« Il y avait déjà un paysage assez varié à Aix-en-Provence, avec la Fnac et Goulard. Pour me démarquer, il fallait que je sois spécialisée et que je propose un nouveau concept. C’est pour cela que je suis partie sur l’imaginaire et le salon de thé. » C’est aussi en faisant le constat d’un manque que la libraire se dirige vers cette spécialité : « Il existe quand même un grand lectorat composé principalement de jeunes, mais aussi d’adultes. On le voit bien avec la montée des films et des séries adaptés de romans. »

L’étude de marché étant positive, elle se lance et obtient de nombreux financements, notamment grâce à une campagne plus que concluante sur la plate-forme Ulule : « L’avantage, c’est que c’était aussi un début d’opération de communication, un moyen de se faire connaître, de parler de la librairie au moins un an avant l’ouverture. » Ce financement participatif lui permet également de rassembler une petite communauté de lecteurs qui obtientra des contreparties en échange de leurs dons.

Les pâtisseries de la librairie L'Antre de Calliopée à Aix-en-Provence

Salon de thé et littératures de l’imaginaire forment un duo qui fonctionne. Les passants à la recherche d’un endroit accueillant pour grignoter y entrent sans forcément avoir d’appétence pour le genre. Une fois à l’intérieur, ils reconnaissent dans certains titres les goûts de leurs proches ou le livre qu’ils ont vu adapté au cinéma récemment.

Les lecteurs et les gourmands peuvent y déguster toutes sortes de pâtisseries préparées par Les Délices d’Émeraude, ainsi que des boissons chaudes et fraîches. Chaque mois, Mathilde Cappannelli et sa partenaire renouvellent l’offre ensemble et l’adaptent aux saisons ainsi qu’au style des lieux : cheesecake “Harry Potter”, tartelette “Game of Thrones”, carrot cake de Captain America…

Les livres sont classés en deux sections, jeunesse et adulte, cette dernière proposant principalement de la fantasy et une partie young adult où tous les sous-genres se croisent : fantastique, science-fiction, etc. Outre ses propres connaissances, la libraire fait la veille des réseaux sociaux pour remplir ses rayons. En effet, les chroniqueurs de Booktube, Bookstagram et même du plus récent Booktok ont fait de l’imaginaire leur genre fétiche : « Le principe est super, les réseaux sociaux peuvent donner envie de lire à des gens peu habitués. Ça dépoussière un peu la littérature. »

les rayonnages des livres de la librairie L'Antre de Calliopée à Aix-en-Provence.

L’imaginaire est un genre qui souffre de nombreux clichés. Souvent attribué aux plus jeunes, les adultes passent leur chemin. Pourtant, certains livres ne sont pas à mettre entre toutes les mains : « Il y a des choses que je ne ferais pas lire à des enfants ou des ados. Ça peut être parfois complexe, violent, politique. C’est un genre très vaste qui couvre énormément de domaines. Je m’emploie tous les jours à essayer de le montrer et à le mettre en avant. »

Pour que les lecteurs novices y trouvent leur compte, la libraire tente toujours de cerner leurs goûts afin de leur proposer des titres susceptibles de leur plaire plutôt que les classiques du genre. « Il n’y a pas besoin d’avoir lu Tolkien pour aimer la fantasy ! »

Après une première séance avec Olivier Gay, d’autres dédicaces et rencontres d’auteurs sont prévues. Mathilde Cappannelli aimerait également créer un club de lecture et faire entrer quelques jeux de société pour organiser des soirées découverte. De quoi passer des moments remplis de magie…