La lecture et l’écriture se racontent dans de nouveaux podcasts
Publié le
- Acteurs régionaux
- numérique
- Inclusivité
Zoom sur deux émissions qui explorent, sous des angles singuliers, la littérature francophone et son histoire.
Publié le
Les tableaux spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale sont régulièrement un sujet d’actualité, notamment avec la mise en lumière ses dernières années du travail extraordinaire de Rose Valland1, conservatrice au musée du Jeu de Paume à Paris.
En revanche, les millions de livres volés aux familles, institutions et structures religieuses sont beaucoup moins mis en avant. Depuis quelques années, des outils ont été créés afin de les répertorier et d’informer sur ce sujet important.
On estime généralement entre 100 000 et 150 000 le nombre d’objets d’art spoliés en France pendant l’Occupation et à plus de 5 millions le nombre de livres. Ces chiffres, fondés sur les déclarations des victimes faites après la guerre, sont certainement sous-évalués.
Entre 1944 et 1949, environ 340 000 documents ont été restitués. Entre 1945 et 1953, des bibliothèques publiques, sinistrées ou non, en reçoivent aussi, provenant des stocks de la Sous-Commission des livres2.
En septembre 2025, la Mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 a lancé un projet de cartographie regroupant 150 000 titres déposés dans environ 150 établissements de lecture publique français.
Pour centraliser cette investigation, la Mission a créé et gère une base de données : “Spolivres”. Celle-ci comprend un accès professionnel mettant à disposition un guide pratique et les archives nécessaires au travail d’identification des livres spoliés dans les réserves. Progressivement, les bibliothécaires y indexent les biens retrouvés. En complément, la Mission effectue une enquête sur leurs propriétaires, à partir des indices pouvant se trouver dans leurs pages.
Le 8 avril 2026, à l’occasion de la Journée internationale de la recherche de provenance, la banque d’information s’est ouverte au public et présente les œuvres qui comportent des noms de personnes probablement spoliées auxquelles elles pourraient avoir appartenu.
Ces renseignements sont mis à disposition de tous afin de favoriser l’identification des propriétaires et la prise de contact avec leurs ayants droit, en vue, à terme, de la récupération des ouvrages.
Un sujet central et passionnant qui est également relayé sur les ondes.
Le podcast produit par le ministère de la Culture et réalisé par l’autrice Léa Veinstein se présente sous la forme d’une série documentaire. Racontée par la comédienne Florence Loiret Caille, il s’agit d’une plongée dans le monde de la quête de provenance de biens culturels et de la politique de réparation de ces spoliations.
En 2023, les premiers épisodes remontaient la piste de tableaux, d’archives littéraires ou d’une tapisserie d’une manufacture anglaise, de leur spoliation à leur restitution.
En janvier de cette année, ce sont deux histoires autour de livres spoliés : la bibliothèque de Jakob Pawlotzky et un ouvrage ayant appartenu à August Liebmann Mayer qui sont relatées.
Tous ces enquêtes cumulent, depuis leur mise en ligne, plus de 50 000 écoutes, et sont disponibles sur toutes les plateformes.
1 Conservatrice du musée du Jeu de Paume et résistante, Rose Valland, née en 1898 et morte en 1980, a joué un rôle décisif dans le sauvetage et la récupération de plus de 60 000 œuvres d’art et objets spoliés par les nazis aux institutions publiques et aux familles juives pendant l’Occupation.
Plusieurs podcasts lui sont dédiés, avec par exemple ceux de Radio France ainsi que des publications :
2 La Commission de récupération artistique (CRA), instituée par un arrêté du ministère de l’Éducation nationale en date du 24 novembre 1944, est un organisme chargé de retrouver en Allemagne et dans les pays soumis à l’autorité du IIIe Reich les œuvres d’art obtenues par pillage des collections des ressortissants français ou enlevées aux collectivités publiques françaises. Au sein de cet organisme, la sous-commission des livres, créée par une ordonnance du 11 avril 1945 est plus spécifiquement en charge de la recherche et du rapatriement des livres, archives et manuscrits. À la dissolution de la sous-commission des livres, le 30 avril 1949, l’Office des Biens et Intérêts Privés reprend l’essentiel de ses attributions.