Naissance d'une "Cause perdue"
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Une maison d’édition au nom évocateur vient de voir le jour à Marseille en ce début d’année 2025. Cause Perdue éditions, portée par une bande d’amis, a publié ses deux premiers ouvrages en avril dernier.
Crédits photo : Cause perdue éditions.
Derrière cette aventure éditoriale se trouve un noyau de camarades de longue date, réunis depuis leurs années universitaires à Nantes, il y a près de trente ans. Leur histoire commence dans la musique, avec la formation d’un groupe punk-rock baptisé “Zabriskie”, se poursuit dans la programmation d’un cinéma indépendant nantais, et trouve aujourd’hui une nouvelle expression à travers la publication de livres.
Cette volonté de rester liés dans le temps a nourri un principe fondateur : faire des projets ensemble pour entretenir l’amitié. C’est ainsi qu’est né le collectif Othon, engagé dans la création de documentaires autour de l’urbanisme et de la démocratie locale. Il rassemble une douzaine de personnes : Juliette Baillot, Gaëlle Bantegnie, François Bégaudeau, Gwenaël David, David Deneufgerman, Antoine Derouallière, Julien Ollivier, Cat Ouvrard, Bénédicte Thiébaut, Xavier Tresvaux et Stéphanie Vincent.
Le groupe a notamment publié À Valenciennes (2020) aux éditions Au Diable Vauvert, suivi de À Arles (2023), deux récits d’exploration du territoire et de ses tensions politiques.
Avec le temps, les membres se dispersent géographiquement, mais une partie prend racine à Marseille : Stéphanie Vincent s’y installe il y a dix ans, rejointe ensuite par Gwenaël David et Bénédicte Thiébaut. Une nouvelle venue, Elsa Personnaz, intègre également l’équipe dans sa version marseillaise.
« Alors que le capitalisme n’est toujours pas renversé et que nous n’avons plus vingt ans, nous nous sommes dit qu’il serait temps de publier les livres que nous avons envie de lire ».
Cause Perdue s’ancre résolument dans la littérature, mais sans renoncer à l’engagement politique. Ce n’est ni un catalogue d’essais ni un simple label de fiction : c’est un espace où les deux se croisent. Comme ils le disent eux-mêmes :
« Nous voulons apporter notre pierre littéraire à l’effort politique – ou notre pierre politique à l’effort littéraire, ça dépendra des jours ».
L’édition se veut pour l’heure artisanale, sans locaux ni salariés, mais avec une forte cohésion humaine et intellectuelle. Le collectif reste uni, mobile, et s’agrandit au fil du temps.
Les deux premiers titres parus en avril 2025 sont :
- Toledo 6:35 a.m., de Bénédicte Thiébaut.
- La vie d’Abdèle, de Izza Amar.
Trois nouvelles parutions sont déjà annoncées pour les mois à venir : Je ne suis pas une libellule de Gwenaël David (28 août 2025), Bien vouloir patienter de Thomas Mairé (13 novembre 2025) et Du mépris de François Bégaudeau (14 avril 2026). Le ton est donné : Cause Perdue explore un territoire littéraire habité, ouvert à la pensée et à l’émotion.