Repenser la décentralisation culturelle

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Face à une conjoncture budgétaire jugée préoccupante, plusieurs associations et fédérations d’élus, de collectivités territoriales et de professionnels ont engagé, avec l’Observatoire des politiques culturelles, une réflexion pour relancer le « chantier » de la décentralisation.

Présenté en janvier 2026 aux Biennales internationales du spectacle de Nantes, le document Vers un livre blanc de la décentralisation culturelle esquisse les contours d’un modèle à réinventer, une nouvelle organisation territoriale à mettre en place.

La décentralisation est depuis plusieurs décennies l’ossature de l’action publique dans ce secteur. Elle est historiquement fondée sur la coopération entre l’État et les collectivités territoriales, reposant sur une compétence dite « partagée » et sur des financements croisés.

Parmi les nombreux sujets abordés, les 41 contributions convergent sur plusieurs points dont la nécessité de clarifier les responsabilités entre niveaux de collectivités, de renforcer la gouvernance multiniveaux1 ou encore de généraliser les conventions pluriannuelles d’objectifs afin de sécuriser les soutiens financiers.

Le rapport ébauche des pistes d’évolution. La décentralisation ne saurait se limiter à une redistribution des compétences : elle implique une transformation des modalités de coopération entre acteurs publics et privés.

Parmi les propositions figure la généralisation des Projets culturels de territoire (PCT), conçus comme des cadres de coopération multilatérale articulant État, collectivités et acteurs autour d’un diagnostic partagé. De même, la reconnaissance des « tiers facilitateurs » – réseaux et fédérations – est présentée comme essentielle pour structurer le dialogue.

Le rôle des Départements fait également débat. Plusieurs contributions, notamment celle de Culture Co2, souhaitent leur reconnaissance comme coordonnateurs de l’aménagement culturel du territoire et animateurs de la coopération locale.

En parallèle, la nécessité de maintenir une proximité décisionnelle et de renforcer l’ingénierie territoriale, en particulier dans les communes rurales, est mentionnée. La littérature, les arts… sont ainsi envisagés comme un levier de cohésion sociale, d’attractivité et de démocratie, mais sont également décrits comme étant dépendants de contraintes budgétaires.

Au-delà des constats, la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (FILL) et le Réseau des événements et festivals littéraires (RELIEF) formulent plusieurs propositions. Ils défendent le maintien des investissements croisés et la généralisation de conférences des financeurs, destinées à coordonner les interventions et à sécuriser les engagements.

Ils plaident également pour une contractualisation pluriannuelle, permettant de sortir de la logique des appels à projets jugée inadaptée au fonctionnement pérenne des structures. L’instauration d’un guichet unique régional pour l’accès aux subventions est également évoquée, afin de simplifier les démarches administratives.

RELIEF insiste par ailleurs sur la nécessité d’intégrer systématiquement des financements de fonctionnement – notamment pour les charges de personnel – dans les aides publiques, ainsi que sur l’importance de former les élus sur la réalité du secteur.

Enfin, la FILL réaffirme que « l’État devrait rester l’orchestre des grands chantiers lié au patrimoine écrit conservé dans les bibliothèques ainsi que des politiques interministérielles (comme Culture/Justice et Culture/Santé) » et insiste sur le rôle primordial des structures régionales pour le livre (SRL) telle que … l’Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d’Azur !


1 Système de prise de décisions et de politiques entre les gouvernements nationaux, régionaux et locaux.

2 Réseau national pour la culture dans les départements.