Une résidence d’artistes au cœur du Village Charlot

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Le programme de résidences 2026-2027 du Village Charlot, porté par la Ville de Beausoleil, accueillera des projets de recherche et de création issus de toutes disciplines : écriture, art visuel et vivant, design, performance, son ou pratiques pluridisciplinaires, en veillant à leur dialogue avec les réalités du territoire.
Interview de Margot Pallen, responsable de la structure.

Pouvez-vous nous présenter le projet et son origine ?

Le concept du Village Charlot, porté par Gérard Spinelli, maire de Beausoleil, repose sur une volonté forte : la cohabitation entre le social et la culture. Cette vision a émergé il y a une quinzaine d’années, d’abord autour de l’idée d’une médiathèque. Au fil des échanges avec les acteurs locaux, tout cela s’est transformé en un tiers-lieu unique, qui accueille aujourd’hui une médiathèque, un centre social, une résidence d’artistes, un restaurant participatif et un espace d’exposition. Nous y organisons aussi des conférences, des rencontres et des lectures.

Comment se structurent vos résidences ?

Nous avons lancé un premier appel à projets en début d’année 2026, qui vient de se clôturer. Nous avons reçu 450 candidatures, toutes disciplines artistiques confondues, dont quelques auteurs. Nous proposons trois types de séjours :

  • Les résidences de création-production : la personne choisie est invitée à créer une œuvre et à produire une exposition pour la ville.
  • Les résidences de recherche-création : le lauréat est accueilli pour une période de recherche, sans obligation de rendu final.
  • Les résidences croisées : des candidats de disciplines différentes travaillent sur un projet commun, souvent en mode recherche, mais avec une dimension collaborative et une restitution publique.

Quelle est leur durée et combien d’artistes pouvez-vous accueillir simultanément ?

Cela dépend de leur format, entre 4 et 6 mois. Mais cela peut également avoir lieu sur un mois. Nous n’avons pas encore de recul puisque nous venons d’ouvrir. Concernant le lieu en lui-même, nous avons cinq chambres, mais l’objectif n’est pas de les remplir en permanence. La maison dispose également d’espaces communs (cuisine, buanderie) et de travail.

Comment se fait la sélection ?

Un jury, composé de professionnels du livre, des arts visuels et du spectacle vivant, étudie les dossiers pour construire une programmation cohérente, en phase avec le secteur géographique et les besoins des participants.

Comment s’articulent ces journées ?

Cela dépend du type de résidence. Pour celles de création : environ 70 % du temps est destiné à la création propre et 30 % à la transmission. Concernant les autres, l’essentiel du temps est consacré à la transmission, à la médiation et à la conception collective avec les habitants. Il s’agit plus d’animation dans ce cas-là.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le financement ?

Pour l’instant, c’est la Ville qui prend en charge l’essentiel des coûts. Nous sollicitons aussi la DRAC et le Département. Nous allons également explorer le mécénat local.

Un dernier mot sur l’avenir du Village Charlot ?

Nous voulons que les artistes fassent partie de la vie du lieu, qu’ils rencontrent le public, qu’ils s’inscrivent dans la dynamique du territoire. Nous sommes en train de construire un calendrier ambitieux pour l’année prochaine, et nous restons ouverts à toutes les opportunités, même en période estivale, si un projet se présente. L’objectif est de faire du Village Charlot un lieu vivant, innovant et accessible à tous.

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