3 questions à… Déborah Pierret-Watanabe

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La traductrice du japonais, Déborah Pierret-Watanabe, qui réside aujourd’hui à Aix-en-Provence, aborde son actualité et ses coups de cœur littéraires.

Après une licence en Langues, Littératures, Civilisations Étrangères et un Master de Traduction Littéraire et Interculturalité (spécialité japonais) à l’université d’Aix-Marseille, Déborah Pierret-Watanabe a été sélectionnée en 2013 pour participer à la toute première Fabrique franco-japonaise des traducteurs. Il s’agit d’un atelier, de dix semaines, organisé par le Collège International des Traducteurs Littéraires (Arles). Une occasion assez exceptionnelle de côtoyer des professionnels reconnus et de bénéficier de leur expérience et de leurs conseils. “Cette expérience particulièrement enrichissante m’a permis de gagner en confiance et m’a confortée dans mon désir de faire de la traduction littéraire mon métier”.
Sa bibliographie s’est ensuite étoffée qu fil du temps : elle a notamment traduit la série Kiki la petite sorcière de Kadono Eiko ainsi que Le Goûter du lion de Ogawa Ito. En 2022, elle a reçu le Prix d’encouragement de la traduction littéraire de la Fondation Konishi, pour L’été de la sorcière de Nashiki Kaho (Éditions Philippe Picquier).


Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets en cours ? 

J’ai eu le plaisir de traduire trois jolis albums jeunesse qui viennent tout juste de sortir dans la collection Le Renard Doré de l’École des loisirs : Un crocodile sous ma maison de Shoichi Nejime, illustré par Shin’ya Komatsu, Le Premier voyage de Pisuké de Makiko Futaki et Bienvenue à la résidence du camphrier d’Etsuko Bushika, illustré par Shigeki Suezaki.
Côté roman, La Maison d’été de Masashi Matsui (éditions du Sous-Sol) vient également de paraître, et j’ai découvert avec grand plaisir qu’il figurait dans les sélections du prix Femina étranger et du prix Médicis étranger. Je croise les doigts en attendant les résultats !
En ce moment, je suis en pleine relecture d’un polar dont je viens d’achever la traduction, un joli morceau de plus de 400 pages sur lequel j’ai adoré travailler, à paraître chez Calmann-Lévy. Je viens également de terminer la traduction du deuxième tome de Mop & Pudding - Un thé sous la Voie lactée (Le Renard Doré), un manga très doux, très réconfortant : un tout autre univers !
J’ai aussi une nouvelle de Kanako Nishi sur le feu (une autrice qui, à mon grand regret, n’a pas encore été traduite en français), à paraître dans un recueil aux éditions Magellan&Cie. Et puis il y a ce roman de Hiro Arikawa, pour les éditions Actes Sud, qui attend patiemment que je l’ouvre et que je m’intéresse enfin à lui !


Quel livre vous a marqué quand vous étiez petite ?

À cette période de ma vie, je lisais tout ce qui me tombait sous la main, absolument tout ! J’ai d’ailleurs souvent découvert des ouvrages qui n’étaient « pas de mon âge ». J’ai été bercée par les œuvres de Marie-Aude Murail, mais aussi profondément marquée par Cabot-Caboche, du génial Daniel Pennac. La Fée Carabine, découverte un peu plus tard, a, elle aussi laissé des traces.
Et puisque je suis restée une grande enfant, je ne résiste pas à l’envie de recommander Jon Klassen, dont les albums sont pour moi de petits bijoux de drôlerie et d’intelligence. Et lorsqu’il s’associe avec Mac Barnett, cela donne de véritables pépites !
Mais s’il faut parler d’une rencontre qui a vraiment tout changé… je devais avoir quatorze ans lorsque j’ai découvert Charles Baudelaire et ses Fleurs du Mal. Disons qu’il y a eu un avant et un après. Ses poèmes m’ont appris que les mots, parfois très simples, pouvaient faire naître des images d’une force incroyable et provoquer des émotions très profondes. Ils ont ouvert quelque chose en moi et ne l’ont jamais refermé.


Le titre dont vous auriez aimé être l’autrice ?

Sans aucune hésitation : Harry Potter ! J’aurais voulu l’écrire pour la richesse de son univers, sa précision, tous ces détails semés au fil des pages qui finissent par créer un monde dans lequel on a véritablement l’impression d’avoir vécu. J’aurais souhaité le traduire pour le terrain de jeu qu’il offre : les noms, les jeux de mots et toutes ces inventions qu’il faut parvenir à faire passer d’une langue à l’autre sans en perdre ni la fantaisie ni la cohérence.
Et puis j’aurais adoré participer, d’une manière ou d’une autre, à la naissance d’une œuvre ayant le pouvoir de traverser les générations. Une histoire dans laquelle on entre enfant et à laquelle on peut revenir adulte, qui peut tout à la fois réconforter, faire rire ou réfléchir, inquiéter, émerveiller et offrir un formidable moyen de s’évader.

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