3 questions à... Samuel Aubin

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L’Agence vous propose de découvrir régulièrement des hommes et des femmes, écrivains, illustrateurs, traducteurs… qui vivent et travaillent en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le romancier Samuel Aubin, qui réside aujourd’hui à Marseille, a bien voulu se prêter au jeu des questions-réponses.

Écrivain et réalisateur, Samuel Aubin filme et prend la plume pour aller à la rencontre de l’autre, accompagner, montrer, ici et ailleurs. Programmateur de films documentaires, il est membre de la plateforme de films en lignes Tënk et formateur dans le réseau Docmonde.

Son dernier roman Istanbul à jamais est paru aux éditions Actes Sud en 2020. De plus, il anime des ateliers de réalisation et d’écriture depuis le début des années 2000 en France et à l’étranger.

J’ai actuellement deux projets de roman.
L’un qui est quasiment terminé, qui raconte la lutte d’un producteur et réalisateur pour faire exister des films documentaires indépendants et qui part à la recherche d’une cinéaste arménienne mystérieusement disparue à la fin de la guerre du Haut-Karabagh.

Un autre que je viens tout juste de commencer, où il est question de câbles internet au fond des mers, de data center, du renouveau du transport maritime à la voile, et d’une galère du XVIe siècle retrouvée par hasard au large de Marseille.
L’été prochain, j’animerai des ateliers en Turquie et en Arménie qui déboucheront sur des œuvres collectives créées et partagées avec les habitants de ces territoires.

Si je dois répondre spontanément, c’est Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry qui me vient, à cause du labyrinthe dans lequel on ne se perd jamais tout à fait, à cause de la matière visuelle du récit qui laisse tant de place au lecteur, fluctuante, indécise, à l’image de l’ivresse permanente du narrateur, de sa quête et de sa perte.
Mais en réalité beaucoup d’ouvrages m’ont marqué, chacun à une époque de ma vie. Le maître et Marguerite de Boulgakov, Le musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, L’art de la joie de Goliarda Sapienza, La douleur de Marguerite Duras, et tant d’autres, parfois plus contemporains. Ils sont un terreau qui stimule mon désir de création, me donne à penser et pousse à m’y essayer à mon tour.

Il y a La Touriale, tout près de chez moi à Marseille, son sous-sol regorge de poches écornés, de volumes brochés plus ou moins anciens, de vieilles BD, de manuels en tous genres, de romans oubliés, tous d’occasion, je m’y rends souvent, confiant en la sérendipité de mon exploration, n’achetant pas toujours mais en voyage à coup sûr. Il y a aussi les librairies d’Istanbul, d’Almaty, d’Erevan où je me rends systématiquement si je passe par là pour animer un atelier, lieux rares et précieux où je crois sentir comment vibre le monde des livres. Et il y a La Palpitante, à Mens, dans les Alpes, parce que là-bas, au village, elle est une île qui ouvre sur tous les possibles.

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