3 questions à... Vincent Quivy

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L’écrivain de romans et d’essais Vincent Quivy, qui réside aujourd’hui à Aix-en-Provence, a bien voulu se prêter au jeu des questions-réponses.

Vincent Quivy, ancien journaliste et producteur, est aujourd’hui auteur de romans et d’essais.

Vincent Quivy est né et a grandi au bord de la Méditerranée. Après des études d’Histoire, il bifurque vers le journalisme, “pige”, galère et théorise, avant de devenir assistant de production puis producteur à France-Culture (Les Chemins de la connaissance, Le cabinet de curiosité, À voix nue). Enseignant, reporter, touche-à-tout, il délaisse peu à peu la parole pour l’écrit et enquête sur la guerre d’Algérie (Les soldats perdus, Seuil), l’assassinat du président Kennedy (Qui n’a pas tué John Kennedy ? Seuil) ainsi que les complots (Incroyables mais… faux ! Seuil). Biographe de Jean-Louis Trintignant (L’inconformiste, Seuil) et d’Alain Delon (Ange et Voyou, Seuil), il aime par-dessus tout, la fiction et a publié plusieurs romans dont Ni pleurs ni pardon (L’Observatoire).


Quels sont vos projets en cours ?

Comme toujours je suis entre deux ouvrages, fiction et non-fiction, un peu comme on est entre deux rives… Je corrige un roman prévu pour janvier 2026 (Un léger soupçon d’innocence, Les Éditions du Rocher). C’est un album photo… sans photos. À travers leur description, s’enroule le récit d’un événement tragique qui bouleverse la vie d’un adolescent de 17 ans. J’aime faire parler les images, ces instants figés à tout jamais, malaxer la forme, l’écriture, la construction. Je vis dans l’angoisse de faire ce qui a déjà été créé ! Je commence, parallèlement, la biographie d’une star du cinéma en me focalisant sur les cinq années qui ont failli l’engloutir et l’ont finalement transformée en vedette… Ce sera ma troisième bio. C’est, à chaque fois, l’occasion de faire revivre une époque, des personnages, tout un univers disparu…

Longtemps, je me suis couché de bonne heure… pour tenter de lire À la recherche du temps perdu ! Depuis le lycée, je traîne la honte d’avoir zappé Proust… On m’a souvent expliqué qu’on ne pouvait pas écrire avec cette lacune. Alors je m’y suis mis… puis remis… sans succès ! J’ai laissé tomber jusqu’à ce que, à nouveau, on me dise « Ah, Proust… ». J’ai essayé par la fin, Le temps retrouvé… mais non… Le rythme, les personnages, “l’intrigue”, rien n’accroche. Et puis j’ai découvert que Jean-Louis Trintignant l’avait enregistré et comme j’avais adoré sa lecture d’Un pedigree de Patrick Modiano, j’ai acheté (une fortune) le CD introuvable… Mais j’ai abandonné en cours d’écoute. Rien à faire décidément… Je lui préfère, même sans la voix de Trintignant, un enregistrement de ma Recherche à moi : le déglingué, déchaîné, déjanté Sur la route de Jack Kerouac !

Pendant des années, chaque été, j’ai relu Le hussard sur le toit. La chaleur estivale répondait à celle de l’œuvre de Giono et m’immergeait dans l’histoire. Aujourd’hui encore, je l’écoute sur la route des vacances, lue par Loïc Corbery. C’est un roman d’aventures solitaires dans les magnifiques paysages de la haute Provence jonchée de cadavres purulents et peuplée d’ombres menaçantes… Et puis il y a, traversant ce décor improbable en quête de son amour perdu, Angelo Pardi, colonel des Hussards, fils de la duchesse Ezza Pardi, élégant de corps et d’âme… Quand j’effectuais mon service militaire, je dissimulais dans la poche de mon treillis un exemplaire que je sortais, clandestinement, dans la cour pendant les (interminables) moments d’attente. Alors la caserne se transformait en Sisteron entourée de ses remparts et, malgré mon uniforme de marin, j’étais, moi, colonel des Hussards, sautant de toit en toit sur les traces de la mystérieuse Pauline de Théus

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