Assises nationales de l’édition indépendante, acte 2 !

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Du 19 au 21 février 2025 s’est tenue à Bordeaux la deuxième édition du grand rendez-vous de l’édition indépendante organisée par la Fédération des éditions indépendantes. Réunissant près de 500 professionnels, les échanges ont permis d’aborder les problématiques et enjeux qui parcourent le métier et la chaîne du livre. Au menu : économie des structures éditoriales, diffusion, relations interprofessionnelles et outils de gestion.

Pour faire suite au travail d’observation socio-économique amorcé lors des premières rencontres, la Fédération a souhaité réaliser une nouvelle étude portant sur les mêmes items. Les conclusions valident les données recueillies : l’indépendance a un prix, tant social qu’économique. Une grande majorité de gérants dépassent allègrement les 45 heures par semaine et n’arrivent pas forcément à se verser un salaire. Pour les structures avec les chiffres d’affaires (CA) les plus importants, une rentabilité existe et une rémunération est possible. Pour celles réalisant moins de 75 k€ de CA annuel, ce sont seulement les activités annexes et prestations de services qui permettent de dégager quelques revenus. Indicateur peut-être le plus inquiétant : 80 % du CA des plus petites (moins de 25k€ de CA annuel) est consommé dans la phase de fabrication des publications, alors qu’il représente 25 % à 30 % en moyenne pour les autres catégories.

Face à ce constat, les tables rondes suivantes ont cherché à définir cet état de liberté et d’autonomie, qui s’oppose aux logiques concentrationnaires à l’œuvre.

Les thèmes de discussion évoqués ont été les suivants :

  • Les difficultés à trouver une diffusion stable et continue en librairie.
  • La recherche d’une meilleure reconnaissance et valorisation dans les manifestations littéraires et en médiathèque.
  • La volonté d’être plus présents dans la presse généraliste et professionnelle.
  • La question de l’accompagnement de ce choix d’indépendance.

Au-delà des propositions de charte ou de label, l’intervention de Thierry Discepolo, directeur des éditions Agone, restera l’une des plus fructueuses de ces Assises mettant en exergue différentes pistes à explorer :

  • Créer un véritable statut - économique, juridique, politique - et déterminer à partir de celui-ci l’accès aux différentes aides et dispositifs nationaux.
  • Bénéficier des avantages fiscaux de la presse : TVA à 2,1 %, aides au transport et à la diffusion.
  • Interdire les ventes d’ouvrages en hyper et supermarchés pour les grands groupes.
  • Penser une véritable dette carbone du livre comme juge de paix de la surabondance éditoriale.

La seconde journée a, quant à elle, souligné le fort besoin d’une interprofession unie face aux enjeux qui traversent la chaîne : développement autour des lectorats, impact écologique, réflexion autour du contrat de diffusion/distribution, la place et le sens des aides institutionnelles dans l’activité des structures, le déploiement de l’Intelligence artificielle ou bien encore la transmission des structures éditoriales. Autant de thématiques qui ont montré à nouveau ce besoin impérieux des acteurs de construire ensemble des solutions pour ne pas perdre la main sur leur propre marché.

Pour illustrer l’aboutissement possible de ces débats, la structure Oplibris était également présente. Né dans les Pays de la Loire, ce projet de logiciel de gestion au service des éditeurs indépendants s’est déployé en moins de deux ans, suite aux précédentes Assises. Un travail commun qui intègre aussi bien des éditeurs, des développeurs, des auteurs, des libraires, des structures de gestion collective comme la Sofia, des sociétés de diffusion-distribution ou bien encore la SSII Dilicom qui gère les bases de données du secteur. Avec plus d’une centaine d’adhérents, la solution séduit.

Observation, coopération, propositions, débats et convivialité, ces deuxièmes assises auront permis – sous l’œil acéré du dessinateur Urbs – de dresser une feuille de route riche pour la Fédération et ses membres.

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