Des festivals, et plus encore !

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En juin 2026, l’association RELIEF s’est penchée sur les projets de développement de la lecture menés tout au long de l’année par ses 60 structures adhérentes. L’étude L’action culturelle littéraire : le cœur caché des festivals met en lumière une réalité souvent méconnue : les manifestations littéraires ne se limitent pas à quelques jours de programmation annuelle. Elles sont des opérateurs permanents dans le domaine de la médiation.

L’enquête, confiée au cabinet L’Œil du public, révèle l’ampleur de cette tendance, son importance dans les politiques d’EAC, son rôle de soutien à la création littéraire et son ancrage territorial. Elle souligne également les fragilités rencontrées : financement complexe, précarité des moyens humains et manque de reconnaissance de l’ingénierie nécessaire à leur mise en œuvre.

Sur les 60 structures adhérentes, 52 ont répondu à l’enquête. Les 2/3 sont associatives, 90 % sont implantées en France, et la moitié ont des effectifs de moins de 4 permanents. La médiane du nombre de visiteurs/spectateurs de leurs événements se situe à environ 12 000 personnes.

94 % des membres du réseau RELIEF mènent des actions culturelles tout au long de l’année, totalisant environ 2 200 projets (soit 42 par structures en moyenne), 22 000 heures d’intervention, 4 000 ateliers.

Ateliers d’écriture, résidences d’auteurs, rencontres, parcours pédagogiques et créations collectives s’inscrivent dans une logique de médiation continue avec les habitants et les acteurs locaux, qui démontre une évolution profonde du rôle des festivals.

Les scolaires constituent l’auditoire principal. Les rendez-vous sont largement construits en partenariat avec les enseignants, les rectorats et les services dédiés à l’EAC. Mais ils concernent également les publics éloignés : personnes en situation de précarité ou de handicap, en milieu hospitalier ou pénitentiaire, seniors, migrants…

Selon l’étude, l’ensemble des structures RELIEF répondantes consacrent 3,2 millions d’euros à leurs actions culturelles sur une année, dont 816 600 euros sont reversés aux auteurs. Une somme qui représente pour eux une source non négligeable de rémunération et de diffusion littéraire et artistique.

Les animations proposées témoignent d’un forte capacité d’innovation : réalisation de podcasts, éditions collectives, spectacles, expositions, restitutions publiques ou programmations interdisciplinaires associant littérature, arts visuels, sciences ou spectacle vivant. Cette richesse repose sur des compétences spécifiques. Pourtant, ces savoir-faire demeurent largement sous-financés et insuffisamment reconnus par les dispositifs d’aides.

L’étude met en évidence plusieurs difficultés :

  • L’incertitude et la complexité des montages financiers ;
  • L’absence de visibilité financière pluriannuelle ;
  • La multiplication des appels à projets face à des équipes dédiées très réduites ;
  • Des contraintes administratives majeures avec des dossiers de plus en plus complexes à remplir.

La dépendance à des budgets croisés (DRAC, CNL, collectivités, Sofia, Pass Culture, fondations, mécénat) oblige les associations à consacrer une grande part de leur temps à la recherche de fonds. L’enquête montre que “l’effet de substitution entre les aides des DRAC et le Pass Culture reste limité : 23 % des répondants observent une diminution de certaines aides depuis la mise en place du dispositif, tandis que 77 % ne constatent aucun remplacement direct”.

Le principal enseignement de l’enquête est cependant celui d’un paradoxe : alors que ces professionnels répondent à des objectifs publics de plus en plus ambitieux en matière d’éducation artistique, d’inclusion et de démocratisation culturelle, ils doivent composer avec des moyens humains limités et des financements de plus en plus incertains. Une alerte pour les futures éditions…

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