Des livres et une guide pour raconter le passé colonial de Marseille

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Depuis plus de cinq ans, Mariam Benbakkar travaille sur la visibilisation du passé colonial de Marseille. Ses recherches, d’abord publiées sur les réseaux sociaux, ont pris vie en 2024 grâce à une sortie proposée, depuis lors, tous les trois/quatre mois dans la ville.

Mariam Benbakkar propose de découvrir le passé colonial de Marseille à travers plusieurs ouvrages.

Mercredi après-midi, 14h, une vingtaine de personnes arrivent au compte-goutte devant la banque LCL de la rue Saint-Ferréol, dans le 1er arrondissement de Marseille. Les profils sont divers mais la curiosité est commune : ils et elles sont là pour découvrir ce que cache le centre de la deuxième ville de France.

« Cacher » est un bien grand mot. En effet, d’après Mariam Benbakkar, qui a créé ces rendez-vous de deux heures (plutôt trois si l’on ajoute les questions des participants et passants attentifs) pour le Bureau des guides du GR2013, Marseille expose ces reliques à ses visiteurs, qui ne savent pas forcément comment les regarder.

Elle précise en début d’excursion qu’elle n’est ni historienne, ni sociologue mais une artiste qui travaille à partir des archives qu’elle déniche. Durant cette balade, elle propose notamment de comprendre le rôle joué par Marseille dans l’expansion commerciale du XIXe siècle et comment le passé a façonné l’actuelle cité phocéenne. Ainsi, elle conte l’histoire de vieux bâtiments tels que les sièges de banques ou de la boutique Uniqlo, de la Préfecture ou de la Bourse et Chambre de Commerce, en s’appuyant sur plusieurs ouvrages qu’elle propose au public de feuilleter.

Sont ainsi mis entre leurs mains des albums photographiques tels que Désirs d’ailleurs, Les expositions coloniales de Marseille 1906 et 1922 (éditions Alors Hors Du Temps), mais aussi des essais, comme Le Consulat de Bonaparte, la fabrique de l’État et la société propriétaire de Marc Bélissa et Yannick Bosc (éditions La Fabrique). Une publication est aussi vivement recommandée : l’ouvrage collectif Guide du Marseille colonial publié en 2022 par les éditions marseillaises La courte échelle.

Au-delà du documentaire et des ressources historiques, Mariam Benbakkar est allée puiser dans la fiction pour relier les points de cette histoire mise sous le tapis. Elle cite ainsi, au fil de la déambulation, l’œuvre d’Ousmane Sembène, qui raconte dans Le docker noir (publié en 1956) le quotidien d’un immigré africain dans Marseille à cette époque ; mais aussi le poète et lui aussi docker Claude McKay et ses romans Banjo et Romance in Marseille, écrits au début du XXe siècle et parus récemment aux éditions de l’Olivier et Héliotropismes.

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