La cité phocéenne modernise son portail patrimonial numérique

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La Ville de Marseille a révélé la nouvelle version de Marius, le site internet dédié à ses collections patrimoniales. Une plateforme mutualisée entre archives, bibliothèques et musées, au service de tous.

Né en 2017, Marius – acronyme à l’époque pour « MARseille Images Universelles et Singulières », et clin d’œil littéraire au personnage de Pagnol – souffrait depuis plusieurs années d’une obsolescence technique qui empêchait d’y intégrer des éléments supplémentaires. Si de grandes campagnes de numérisation ont été menées depuis les années 2000, une masse importante de contenus n’a pas encore été publiée. La refonte est donc née de ce besoin initial : faire découvrir les milliers de fichiers-images en attente, et offrir un outil performant, adapté à la fois au grand public et aux chercheurs.

Cette rénovation a également donné un élan aux actions de numérisation des archives et de la bibliothèque municipales.

De plus, le contenu de Marius sera bientôt « moissonné » par Gallica et intégré dans le système d’archivage pérenne de la BnF (SPAR), renforçant ainsi la diffusion des collections marseillaises à l’échelle nationale et leur conservation.

Dès sa création, le site a été conçu comme un dispositif mutualisé entre ces différentes institutions municipales :

  • Archives municipales et Cabinet des Monnaies et Médailles
  • Bibliothèque municipale (fonds patrimoniaux de l’Alcazar)
  • Muséum d’Histoire Naturelle
  • Musées municipaux :
    o Musée d’archéologie méditerranéenne
    o Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens (MAAOA)
    o Musée d’histoire de Marseille
    o Musée Grobet-Labadié
    o Musée des Beaux-Arts
    o Musée des arts décoratifs, de la faïence et de la mode
    o Musée Cantini
    o Musée d’art contemporain (MAC)

On y trouve donc des types de sources extrêmement variés : images (dessins, estampes, affiches, photographies, cartes postales…), textes (manuscrits, livres anciens) et objets muséaux (tableaux, sculptures, animaux naturalisés, objets d’arts, vestiges historiques…). Près de 15 000 documents sont issus des archives et 6 800 de la bibliothèque, sur les 24 000 que compte pour l’instant Marius.

Une équipe transversale a été constituée pour y travailler, réunissant des agents des archives, de la bibliothèque et des musées, ainsi que de la direction des services informatiques de la Ville.

La modernisation du portail, confiée à l’agence aubagnaise « 1 égal 2 », a été l’occasion de le repenser en profondeur, tant sur le plan graphique que fonctionnel, pour améliorer la lisibilité et proposer une navigation intuitive favorisant la découverte, mais permettant aussi une précision de recherche.

Le nouveau Marius propose désormais :

  • Une interface à la navigation plus intuitive ;
  • La possibilité de télécharger des images (les droits d’utilisation sont précisés à chaque fois) ;
  • Une éditorialisation des contenus : articles thématiques, focus…
  • Des parcours de visites : à la fois des expositions virtuelles et des reconstitutions d’expositions physiques ;
  • Un espace lecteur avec une fonction marque-page, qui permet de sauvegarder les résultats de ses recherches ;
  • Un moteur de recherche amélioré avec différentes entrées possibles.

Ces évolutions ont pour objectif de susciter la curiosité et de faciliter l’accès aux collections, en s’adaptant à la diversité des usages. Les premiers retours confirment l’intérêt du public : la publication de fonds très demandés à la consultation, comme par exemple celui de l’architecte Pascal Coste, est une grande source de satisfaction.

Le nombre de ressources consultables sur Marius est voué à augmenter, car la liste d’attente est loin d’être rattrapée. Pour la bibliothèque par exemple, les pièces dévoilées ne représentent que 10 % de ce qui a déjà été numérisé. L’intégration au site nécessite en effet une tâche exigeante sur les documents et leur notice bibliographique : vérification des métadonnées, reprise du catalogage, enrichissement des données. C’est généralement un véritable travail d’enquête, qui complète des informations souvent lacunaires, et garantit une meilleure connaissance des documents patrimoniaux… Sans parler de l’effort colossal que représente l’éditorialisation, qu’il s’agisse de la conception d’expositions virtuelles ou de la rédaction d’articles.

Les priorités de mise en ligne concernent l’iconographie (photographies, dessins, estampes, cartes maritimes…), puis les imprimés anciens (manuscrits, incunables) souvent fragiles et peu consultables. Ainsi, une nouvelle visibilité est donnée à des ouvrages dont l’état ne permet pas la consultation en salle.

Une telle entreprise facilite aussi le travail en interne pour l’avenir : une connaissance accrue des collections constitue un véritable atout pour leur valorisation et la médiation qui en découle.

Marius a donc de beaux jours devant lui, et une grande réserve de pépites à partager avec tous les intéressés !

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