La part des femmes dans le secteur du livre

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La 14e édition de l’Observatoire de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la culture et la communication, pilotée par le Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (DEPS) du ministère de la Culture vient de paraître. Cette étude résulte d’un important travail de collecte de données disponibles en 2025, afin d’analyser les évolutions.

Avec 24 tableaux supplémentaires, l’édition 2026 s’enrichit de nouveaux chiffres permettant d’appréhender plus précisément la notion d’égalité. Elle comprend également une troisième partie intitulée Lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels afin de suivre annuellement les indicateurs liés à deux cellules d’écoute.


Une représentation significative

La filière du livre demeure l’une des plus féminisées de l’écosystème culturel français. 65 % des actifs sont des femmes, un taux stable dans la durée.

Du côté institutionnel, le Centre national du Livre (CnL) constitue un marqueur essentiel. En 2025, elles représentent 55 % des membres des commissions et 48 % des présidentes, avec de fortes variations selon les spécialités des assemblées : la littérature jeunesse culmine à 79 % mais la part de femmes chute à 25 % en ce qui concerne l’extraduction, les sciences et les sciences humaines et sociales. Sur les aides attribuées par le CnL en 2025 au titre du soutien à la création et à la traduction littéraire, 59 % des demandes proviennent de femmes, qui reçoivent également 59 % des bourses. Mais les montants perçus (53 %) restent inférieurs à ceux des hommes, avec des écarts importants selon les domaines.

Comparativement, dans l’audiovisuel, les professionnelles restent minoritaires dans les aides du Centre national du cinéma : en 2025, elles constituent 44 % des candidates pour l’écriture, mais seulement 39 % des bénéficiaires ; l’avance sur recettes tombe à 34 % de films réalisés par des femmes.

La reconnaissance littéraire progresse nettement : 43 % des lauréats de grands prix littéraires entre 2020 et 2025 sont des femmes, pour 47 % de femmes sélectionnées.

Dans les institutions culturelles et les établissements placés sous tutelle, les résultats sont nuancés.

Sur le plan global de l’administration, l’index égalité du ministère de la Culture atteint 95/100 en 2024, signe d’un pilotage attentif. Pourtant, les postes de responsables dans les établissements publics ne sont qu’à 38 % féminins en 2026. Un nouveau tableau rend compte de la présence des femmes à la tête des bibliothèques classées : 61 % de cheffes au 1er janvier 2026 (après 63 % en 2023 et 65 % en 2024).

Par ailleurs, dans les 100 plus grandes entreprises culturelles de l’Hexagone, les femmes n’occupent que 17 % des postes de présidence ou de direction générale au 1er janvier 2026. Le livre fait mieux que la moyenne, mais atteint seulement 20 % de dirigeantes, en légère progression par rapport à 2025 (17 %).

En conclusion, si ce domaine bénéficie d’une présence féminine forte dans la création et dans l’accès aux dispositifs publics, il partage avec les autres secteurs un écart persistant de rémunération, les femmes étant toujours, en moyenne, moins payées que les hommes, quelle que soit l’activité.

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