Salomé Lanciaux, aux petits soins des collectivités
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Zoom sur un métier méconnu : celui de chargé des collectivités au sein d’une librairie.
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Installée à La Roque-d’Anthéron, dans les Bouches-du-Rhône, Sabine Pizzarotti relit, modifie et harmonise. Telle une bonne fée munie de sa baguette magique, elle efface les fautes d’orthographe, de syntaxe ou de grammaire présentes dans les textes qui lui sont confiés. Rencontre avec cette correctrice au parcours atypique qui nous en dit plus sur sa carrière et son évolution.
Sabine Pizzarotti exerce le métier de correctrice depuis maintenant 12 ans.
Tous les chemins mènent à la correction… C’est en tout cas vrai pour Sabine Pizzarotti, qui ne se destinait pas, au départ, à cette activité professionnelle. En effet, elle a tout d’abord fait ses premiers pas dans la relecture au sein d’une association qui l’employait durant sa thèse. « Comme j’étais bonne en français, on m’a confié la correction de la revue qu’on éditait… À l’époque, je ne connaissais pas le métier de correctrice, je ne savais même pas que cela existait. » Amoureuse des livres et de la lecture, détentrice d’un doctorat en égyptologie, elle a du mal à trouver du travail à la fin de ses études. Une amie doctorante lui confie alors que sa directrice de thèse était correctrice pour arrondir ses fins de mois lorsqu’elle était plus jeune. « Je me suis dit : tiens, ça c’est une piste à explorer ! Après m’être renseignée, j’ai suivi une formation qualifiante à distance d’un an. » Un enseignement qui lui a permis d’apprendre comment préparer une copie et corriger des épreuves, ainsi que de se constituer une belle bibliographie sur la langue française.
En 2014, elle se lance alors en freelance et bénéficie « d’un petit coup de chance ». « Quand j’ai commencé ma formation, une amie embauchée au sein du pôle éditorial d’un institut d’archéologie au Caire m’a informée qu’ils recherchaient quelqu’un pour faire des corrections. Ils m’ont fait confiance et font appel à moi encore aujourd’hui. »
Bien qu’elle ait déjà travaillé pour des éditeurs de littérature comme Jean-Marie Desbois, Decrescenzo ou les éditions de l’Aube, Sabine Pizzarotti œuvre surtout depuis 12 ans dans le domaine des sciences humaines : « Je retombe un peu sur mes pattes par rapport aux études que j’ai faites. C’est stimulant, cela touche de nombreux sujets et domaines parfois complexes comme le droit, l’urbanisme, les mathématiques. Je ne m’ennuie jamais ! » Depuis plusieurs années, la correctrice a choisi d’exercer ses talents sous le nom de « La Corrigeuse » et collabore avec la société TransFaire. Cette dernière propose des services éditoriaux et possède également la maison d’édition spécialisée dans les beaux livres sur la flore et la nature Naturalia Publications. « J’ai également été contactée un jour par un éditeur pour corriger une revue spécialisée sur le monde des pompiers… Bref, j’ai vraiment une clientèle hétérogène. Parfois la collaboration dure plusieurs années, parfois c’est juste pour une seule expérience ».
Il existe sans doute autant de méthodes que de correcteurs. En général, ceux-ci travaillent avec des grilles de lecture et au nombre de signes. Une préparation de copie moyenne varie entre 6 000 et 8 000 signes par heure, un chiffre qui peut changer en fonction de la complexité du texte et de la demande du client (correction avec ou sans réécriture). Il s’agit d’une première lecture, à la fois linéaire et transversale, généralement sur un fichier Word brut : « Il y a alors tout à faire. À chaque fois que je tombe par exemple sur un nom propre, je vérifie la graphie. Pareil pour les dates. Je me sers de l’option “suivi des modifications” pour que le client puisse voir ce qui a été changé et le valide ou pas. » Concernant les logiciels d’aide à la correction comme ProLexis ou Antidote, Sabine Pizzarotti admet qu’ils sont d’une aide précieuse : « Je les utilisais systématiquement au début, quand je manquais un peu de confiance en moi, et puis cela peut être utile lorsque les échéances sont très courtes par exemple. » Des délais de rendu parfois difficiles à évaluer, notamment lorsque l’on débute : « J’arrive encore à me tromper sur le temps qu’une correction va me prendre, mais avec les années cela devient plus rare. Ce qui est compliqué aussi, c’est de dire non à un client, c’est très délicat ; j’essaie toujours d’accepter la mission même si je sais que je vais devoir plancher sur un écrit le soir ou le week-end. »
« Je suis micro-entrepreneuse, comme la plupart des correcteurs. Ce qui me convient, car cela me confère une certaine latitude. Je ne perds pas de temps dans les transports, dans les bouchons. Je peux accompagner ma fille à l’école et me permettre souvent d’avoir des horaires de bureau. Un plaisir lié à mon métier est de découvrir des textes avant tout le monde, surtout quand je travaille sur des romans, avec des auteurs que j’aime bien. » Une profession qui présente aussi des inconvénients, importants à connaître si l’on souhaite se lancer dans l’aventure. Le principal, lié au statut d’indépendant lui-même, est bien sûr la précarité, c’est-à-dire le fait de n’être jamais sûr d’avoir du travail, de dépendre d’un planning aléatoire qui peut changer du jour au lendemain en fonction des demandes et de ne pas disposer de revenus « stables ». « Actuellement, c’est comme si j’occupais un poste à 75 %, grâce auquel je gagne ma vie et j’ai du temps libre pour ma famille et pour moi. Je travaille avec mes clients habituels, sans vraiment en chercher d’autres, car j’aime ce rythme et j’ai la chance de pouvoir fonctionner ainsi ». Mais ce n’est bien sûr pas le cas pour tout le monde : « Pour s’assurer des revenus réguliers, il faut souvent beaucoup prospecter, ce qui peut être très stressant, épuisant. Et malheureusement, la tendance n’est pas à l’embauche de correcteurs dans les maisons d’édition, ce qui ne facilite pas la tâche. »
Avec l’émergence de l’intelligence artificielle, qui prend chaque jour un peu plus de place dans le monde de la littérature, la question du devenir des correcteurs se pose, tout comme celle des traducteurs ou des auteurs. Est-ce qu’il n’est pas plus facile et moins coûteux de faire appel à une machine pour dénicher les erreurs dans un texte ? « Je suis assez optimiste, et peut-être un peu naïve aussi, explique Sabine Pizzarotti. Je me dis que les éditeurs sont respectueux de leurs lecteurs. Je pense que l’IA ne signera pas notre mort parce que l’on a un regard sensible et pointu sur les textes qui va au-delà de la correction des fautes. Les livres, ce n’est pas que du business. Ce sont des objets de culture, symboliques à bien des égards et j’espère que la qualité primera sur le côté financier ». Concernant son propre « chemin », « La Corrigeuse » aimerait se tourner un peu plus vers des éditeurs de littérature, comme Monsieur Toussaint Louverture : « C’est une maison d’édition que je trouve absolument géniale, avec un vrai goût pour le travail bien fait et une ligne éditoriale très intéressante. » Un beau projet en perspective, à réaliser… sans faute !
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Zoom sur un métier méconnu : celui de chargé des collectivités au sein d’une librairie.
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Un des réceptionnaires de la librairie Goulard d’Aix-en-Provence, nous en dit plus sur ce métier méconnu et pourtant essentiel.
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Conservateur-restaurateur spécialisé dans le livre ancien et les biens d’archives, Cédric Lelièvre est un professionnel connu et reconnu. Il nous en dit plus sur les différentes facettes de son métier.