FLIP à Marseille : une première réussie !
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- Acteurs régionaux
Une vingtaine de maisons d’édition étaient présentes au premier Festival du livre indépendant et politique les 17 et 18 mai 2025.
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Face à la concentration croissante de la chaîne du livre, de nombreux acteurs indépendants se mobilisent pour informer, questionner et alerter sur les risques de ces mécanismes. Aborder ce sujet, c’est avant tout rappeler qu’aujourd’hui 10 % des maisons d’édition (soit 5 grands groupes éditoriaux) réalisent 90 % des ventes. Tour d’horizon des initiatives prises cette année.
Les éditions Agone, le collectif Le Vent se lève et Le Monde diplomatique ont mené un travail au long cours pour réaliser une cartographie des principales sociétés éditoriales. Entreprises dont les détenteurs sont également - à quelques exceptions près - ceux qui possèdent les grands médias. Si dans une émission audiovisuelle, cinq livres de cinq maisons d’édition différentes sont présentés, il est probable que ces cinq titres appartiennent à la même entité. Avec une production répartie entre plusieurs marques pour créer une illusion de pluralité de contenus, une communication massive à travers leurs propres médias (radio, TV, presse), la propriété de leur structure de diffusion-distribution, voire de leurs librairies, le risque patent d’un contrôle de la pensée et des idées par les grands groupes ne peut être ignoré.
Pour permettre à tout un chacun de s’y retrouver - un ensemble éditorial peut se composer de plus d’une centaine de marques – l’application « Quisbn ? » a été créée. Celle-ci permet, grâce au code barre présent sur la quatrième de couverture d’un ouvrage, d’en identifier la « maison mère ». Le programme informatique attribue au livre une note de A à F en fonction des parts de marché du propriétaire dans le monde de l’édition. Sorte d’« Indépendant Score » qui n’existe aujourd’hui que pour le marché français, mais qui devrait s’étendre à l’international où la situation est pour le moins similaire.
Lors de leur rendez-vous bisannuel, plus de 300 éditeurs indépendants se sont réunis pour parler production, économie, animation, avenir et interprofession face, notamment, à la concentration éditoriale en œuvre dans la chaîne du livre. En toile de fond de ces échanges, la difficulté grandissante pour ces structures de réussir à se faire une place sur les tables des libraires. Les principales explications ? Une surabondance de l’offre, une saturation de l’espace médiatique par les grands groupes et la vitale quête de trésorerie des librairies.
D’autres initiatives sont nées cette année afin d’alerter aussi bien les lecteurs que les politiques sur les dangers qui pourraient découler de ce contexte :