On peut dire « projets », au pluriel. Le premier est le suivant : je termine la longue et difficile traduction du De rerum natura, de Lucrèce. En quelque sorte j’ai fini mais quand c’est fini ça recommence, et ça pourrait recommencer plusieurs fois. Je traque les erreurs (il y en a) et les difficultés de grammaire (pour lesquelles je suis aidée par la merveilleuse latiniste Claire Paulian). Je cherche aussi quelques défauts de logique. Je reprends le mot à mot pour respecter la contrainte du mot = 1 mot. Je m’explique. Quand c’est possible de traduire un terme latin par le même en français, tout au long des six chants, pourquoi ne pas le faire ? Lucrèce travaille avec peu de mots (il parle d’ailleurs de cette pauvreté) et je voudrais avoir ce rendu en français. La répétition, la fabrication d’un monde, martelée. Les mots, les syllabes, comme les « morceaux premiers des choses », « primordia rerum », les atomes, qui construisent tous les corps de la nature. Alors bien sûr, cette contrainte (un mot = un mot) compliquera la lecture car le texte devient, pour que ça fonctionne, assez abstrait - finalement comme il l’est en latin. On n’interprète pas. On lit. On comprend. Ou on tente de comprendre.
Je souhaite également écrire sur l’histoire de ma lecture, personnelle, ni scientifique ni ingénue, de ce long poème épique et philosophique. Une sorte de longue préface, en quelque sorte !
Ma troisième actualité, je dirais simplement qu’elle me ramène là où j’ai été déjà (avec Des îles 3) mais en faisant un sacré détour. C’est la place de l’islam en Europe, plus exactement en Espagne, en Andalousie, que j’interrogerais. Passant par le XVIe siècle.